Face aux incertitudes économiques et à l’urgence climatique, investir durable, vert et responsable fait sans nulle doute partie des préoccupations majeures de nombreux épargnants. Pour ceux qui souhaitent verdir leur portefeuille, tout en diversifiant leur patrimoine, l’investissement forestier prend tout son sens, avec divers avantages fiscaux à la clé. Explications.

La forêt, un investissement atypique gorgé de ressources
Réservoir géant de biodiversité, la forêt est essentielle à la production d’oxygène, à la régulation de nos écosystèmes et des températures terrestres, ainsi qu’à l’enrichissement des sols. Présente sur quelque 17,5 millions d’hectares en métropole, selon les chiffres du ministère de l'Agriculture, la forêt est aussi une affaire très privée, puisque 3,5 millions de propriétaires – particuliers et entreprises – détiennent 75 % de ces espaces boisés. Seuls 9 % des forêts sont des forêts domaniales, autrement dit placées sous l’égide de l’État ou des collectivités territoriales.
Un placement éthique et responsable
Face aux enjeux actuels liés au dérèglement climatique, opter pour ce type de placement permet plus que jamais de faire rimer investissement avec environnement, dès lors que les forêts font l’objet d’une gestion et d’une exploitation durable et responsable, en vue de protéger et préserver durablement leurs ressources. Actif vert par excellence, la forêt est aussi considérée comme une valeur refuge appréciable, en ces temps d’incertitudes économiques et géopolitiques : décorrélée des fluctuations des marchés financiers, elle donne en effet accès à des rendements, certes mesurés – de 2 à 3 % par an –, mais durables, ainsi qu’à divers avantages fiscaux.
Malgré un rendement modeste, un investissement dans une forêt ou un terrain boisé permet de valoriser durablement son patrimoine, grâce à la hausse constante du prix du bois et du foncier forestier. C'est surtout significatif avec des essences très demandées, comme le chêne ou le pin sylvestre, qui offrent un rendement plus élevé.
Assurer la pérennité de son patrimoine (et des forêts !)
Les investisseurs experts en diversification de patrimoine le savent bien : investir dans une forêt fait partie de ces placements durables avec un engagement au long-court – de 10 à 30 ans environ –, pouvant faire l’objet d’une transmission de génération en génération, dans une perspective successorale qui fait sens. À ce titre, les héritiers des propriétaires et des détenteurs de parts de groupements forestiers qui s’engagent dans une gestion durable de l’exploitation pour un minimum de 30 ans peuvent bénéficier de conditions fiscales très avantageuses, avec un abattement de 75 % de l’assiette imposable sur les droits de donation et de succession.
On le voit bien, investir dans une forêt tient plus d'une stratégie de diversification et de transmission patrimoniale sur le long terme que d'une volonté de générer un rendement élevé. Une affaire de convictions et d’éthique fortes, qui permet d’assurer la pérennité de ce patrimoine aux richesses inestimables.
Forêts et terrains boisés, quelles modalités d’investissement ?
S’il existe plusieurs solutions pour investir dans une forêt, deux formules principales se détachent, chacune avec ses avantages et inconvénients propres.
- L’achat en direct d’une parcelle : si cette formule offre l’avantage de devenir propriétaire unique d’un actif tangible et de profiter pleinement des revenus générés par la vente de bois, elle requiert toutefois un investissement de départ élevé – de l’ordre de 300 000 € en moyenne pour plusieurs dizaines d’hectares. Elle impose également de nombreuses obligations encadrées par le Plan simple de gestion (PSG) pour assurer le boisement du domaine, son aménagement et son entretien, selon une planification forestière d’une durée de 10 à 30 ans. Très confidentiel, ce marché nécessite des compétences fines en sylviculture ou, le cas échéant, l’accompagnement de gestionnaires experts en patrimoine forestier. Davantage réservé aux investisseurs fortunés, l’achat en direct répond notamment à des objectifs de diversification et de transmission patrimoniale et permet de bénéficier d’une exonération partielle de l'impôt sur la fortune immobilière (IFI).
- L’achat de parts dans un groupements forestier, via les groupements fonciers forestiers (GFF), fonctionnant sur le modèle des sociétés civiles, ou les groupements forestiers d’investissements (GFI), calqués sur le modèle des SCPI. Ces deux formes, qui permettent d’investir en mode collectif dans une forêt, affichent des similitudes, surtout en matière de gestion professionnelle déléguée et de mutualisation des risques. Davantage accessible au tout-venant, l'achat de parts de forêts et de terrains à boiser demande un ticket d’entrée de 10 000 € pour le GFF et d’environ 5 000 € pour le GFI. Si les premières se distinguent par la préservation du patrimoine forestier et un placement à long terme, les secondes sont davantage orientées « rentabilité », avec une gestion active de parcelles à haut potentiel et des résultats plus attractifs.
Quelle que soit la forme d’investissement, tout achat de bois ou forêts d’une surface allant de 4 à 25 hectares, réalisé entre le 1er janvier 2023 et le 31 décembre 2027, ouvre droit à un crédit d’impôt sur le revenu équivalent à 25 % du montant investi, grâce au dispositif d’encouragement fiscal à l’investissement en forêt (DEFI).
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