Véritable argument de vente et déclencheur de visites, les photographies des annonces immobilières constituent la première porte d’entrée « virtuelle » dans les lieux pour les acquéreurs potentiels. Et quand on sait que les annonces dotées de visuels soignés génèrent davantage de clics, de contacts, et peuvent même accélérer le cycle de vente, on comprend que le pouvoir de l’image s’étend bien au-delà de l’habillage esthétique. Six pièges à éviter pour sortir du lot et susciter l’attention – et le désir – en quelques secondes chrono.
Appuyer sur le déclencheur avant d’avoir préparé les lieux
Eh oui ! Avant même de vous précipiter sur votre smartphone ou votre appareil photo (recommandé !), il est impératif de nettoyer les lieux pour soigner l’apparence de votre logement, a fortiori les pièces que vous souhaitez mettre en avant.
Alors, quelle que soit la saison, on se lance dans un grand ménage de printemps. On range, on dépersonnalise, on applique les grands principes du « home staging » en version express, histoire d’alléger au maximum les différentes pièces de tout « bruit » visuel.
Collection de magnets sur le frigo, linge qui traîne ou déborde de la panière, abattants de WC levés, lits défaits, cadres photo et décorations murales à gogo… Tout ne doit pas disparaître, bien évidemment, mais il importe de remettre de l’ordre et de la cohérence ça et là pour présenter un intérieur épuré (mais pas aseptisé !), parfaitement lisible et propice à la projection des futurs acheteurs.
Organiser une prise de vue en soirée ou volets clos
Avant même de vous placer derrière l’objectif, trois facteurs clés sont à anticiper :
- Programmez votre session photos en journée et par temps clair, lorsque la lumière naturelle est généreuse.
- Ouvrez fenêtres, stores et rideaux afin de laisser pénétrer un maximum de lumière.
- Si possible, privilégiez la belle saison, surtout si vous disposez d’extérieurs.
Objectif ? Profiter d’un apport maximal en lumière naturelle pour sublimer vos intérieurs et les montrer sous leur meilleur jour. Sans surprise, la luminosité figure parmi les critères prioritaires des acheteurs potentiels. Sur les clichés, elle offre davantage de perspectives, des couleurs plus flatteuses et un rendu plus chaleureux et spacieux, là où les éclairages artificiels peuvent suggérer une pièce sombre et étriquée.
Selon une étude d’eye tracking de l’Old Dominion University, 60 % du temps passé sur une annonce immobilière est consacré à l'analyse des photos, contre 20 % à lire la description du bien. Mieux encore : les biens avec photos de qualité se vendraient jusqu’à 32 % plus rapidement !
Multiplier les angles inutiles et les cadrages ratés
Certes, n’est pas photographe professionnel qui veut, mais un peu de préparation et de rigueur suffisent pour éviter les faux pas et les photos ratées, qui continuent pourtant de pulluler dans les annonces immobilières.
Alors, haro sur les photos de la commode de la chambre, du plafonnier du salon, du tapis de la salle de bain ou du couloir sombre et flou… Si certains détails – un élément architectural fort, par exemple – méritent d’être mis en avant, en complément des principaux clichés, les photographies doivent avant tout valoriser les volumes de chaque pièce, prise dans son ensemble, dans une suite fluide qui raconte une histoire cohérente.
L’idée maîtresse : donner à voir le potentiel de votre logement, révélé dans ses mètres carrés…, et pas dans les poignées de tiroirs de votre buffet préféré.
Négliger la qualité technique
Photos pixellisées, images floues, contre-jour, cadrage bancal et autres effets artistiques douteux sont à bannir. À l’heure des smartphones performants, ces défauts ne sont plus excusables. Une image floue peut suggérer (inconsciemment) un vendeur pressé, un bien peu soigné, voire un manque de transparence. Or, en immobilier, ces premières impressions peuvent rebuter et engendrer de la désillusion chez vos acheteurs.
Pour bien faire :
- Privilégiez le format paysage (horizontal), plus immersif, davantage adapté aux sites d’annonces et plus valorisant pour vos intérieurs, car il accentue la sensation d’espace.
- Placez l’objectif à hauteur de poitrine (environ 1,30 m du sol) afin de restituer une vision naturelle des volumes et d'éviter d’écraser les perspectives.
- Utilisez un trépied ou un support dédié pour stabiliser l’appareil et obtenir des photos droites et équilibrées.
- Optez pour l’angle le plus large possible. Certains smartphones disposent d’un mode grand angle ; à défaut, positionnez-vous dans les différents coins de la pièce pour capturer plusieurs vues d’ensemble.
- Ouvrez les portes intérieures : cela crée des lignes de fuite et donne à voir la circulation et la continuité entre les pièces.
Pour une photo équilibrée, activez la grille sur l’écran de votre appareil ou de votre téléphone afin de vérifier que sols, murs et éléments verticaux restent bien alignés. À défaut, appliquez la règle des tiers : divisez mentalement l’image en neuf sections égales et placez les points d’intérêt le long de ces lignes ou à leurs intersections.
Abuser des filtres ou des retouches excessives
S’il peut être tentant de « photoshoper » à l’excès vos photos ou d’utiliser trop de filtres pour les embellir artificiellement et gommer certains défauts, il ne faut pas perdre de vue que l’objectif est de séduire, pas de tromper.
Alors, gare à l’effet boomerang et aux visites qui se soldent par une déception immédiate, à cause d'un déséquilibre marqué entre les photos et la réalité des lieux... Corriger un peu la luminosité ou le contraste, oui. Fausser la réalité et trahir les attentes, non !
Faire l’impasse sur les extérieurs
Si vous possédez un extérieur – balcon, terrasse, jardin, grand terrain –, l’erreur serait de le mentionner dans le descriptif, sans en proposer quelques clichés.
Là encore, on prend le temps de ranger le mobilier, de dégager l’espace, d’évacuer la poubelle qui trône au milieu de la cour et autres éléments disgracieux. Une piscine, un espace joliment aménagé, une vue dégagée ou panoramique constituent des atouts majeurs, parfois même des facteurs de plus-value.
Dans un marché où chaque détail compte, l’extérieur n’est pas un bonus. Il peut au contraire contribuer à déclencher des visites, voire à concrétiser plus rapidement la vente.
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