Acheter une maison sans certificat de conformité : quels risques réels ?

Blandine Rochelle
mis à jour le
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Un certificat de conformité atteste que la construction respecte le permis de construire délivré par la mairie. Mais faut-il vraiment renoncer à acheter une maison si ce document manque au dossier ? Son absence n'est pas toujours bloquante : elle peut, selon les cas, entraîner des complications administratives ou financières pour le futur propriétaire. SeLoger fait le point sur la situation et vous donne ses conseils avant de signer.

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Achat maison sans certificat conformité
Le certificat de conformité n'est obligatoire que pour l'achat de biens de moins de 10 ans. © Getty Images
Sommaire

Que garantit le certificat de conformité d'une maison ?

Lors de la construction de la maison que vous convoitez, son propriétaire a dû déposer et obtenir un permis de construire auprès de sa mairie, puis suivre la procédure prévue par le Code de l'urbanisme. Une fois cette autorisation obtenue, il doit veiller à ce que la maison reste conforme au permis délivré et respecte les règles d'urbanisme en vigueur, notamment celles fixées par le plan local d'urbanisme (PLU) de la commune.

À tout moment, l'administration peut contrôler les travaux effectués et, si aucune irrégularité n'est détectée, délivrer un certificat de conformité. En pratique, ce document n'est pas systématiquement obligatoire : seuls certains travaux nécessitent son obtention, par exemple lorsqu'ils concernent un immeuble classé monument historique ou une construction située dans un secteur sauvegardé.

Bon à savoir

De même, le certificat de conformité est systématiquement demandé dans le cadre de la vente d'un immeuble ou d'une maison de moins de 10 ans, ce qui protège l'acquéreur au moment de la transaction.

DAACT : le document qui atteste de l'achèvement des travaux

Depuis une réforme de 2007, la loi a remplacé, dans les textes, le certificat de conformité par la déclaration attestant l'achèvement et la conformité des travaux, plus connue sous le sigle DAACT. C'est le propriétaire qui dépose ce document en mairie une fois les travaux terminés, pour signaler l'achèvement du chantier et demander la vérification de sa conformité au permis de construire.

En l'absence de contestation de la mairie dans le délai légal, une attestation de non-contestation fait alors office de certificat de conformité. Dans le langage courant, certificat de conformité et DAACT sont souvent confondus, alors qu'ils correspondent à deux étapes distinctes d'une même procédure.

Que se passe-t-il après 10 ans ? La question de la prescription

La règle des 10 ans repose sur la prescription applicable aux infractions d'urbanisme : au-delà de ce délai, l'administration ne peut, en principe, plus engager de poursuites pénales pour une construction non conforme.

Cette prescription connaît toutefois une exception notable. Elle ne s'applique pas aux constructions situées dans un secteur protégé, comme un monument historique ou un secteur sauvegardé, ni à certaines infractions considérées comme continues.

En bref, passé ce délai, vous êtes globalement protégé des sanctions administratives, mais pas nécessairement de tout recours civil en cas de désaccord avec un voisin ou une collectivité.

Pas de certificat de conformité : sanctions et risques encourus

Si une maison ne respecte pas les indications du permis de construire, la mairie ne délivre pas de certificat de conformité et, en théorie, le maître d'ouvrage a l'obligation de déposer un dossier de permis de construire modificatif ou de se mettre en conformité dans les plus brefs délais. Dans les cas les plus graves, une amende peut également être prononcée en complément de cette mise en demeure.

Par ailleurs, si vous souhaitez acquérir une maison dont le certificat de conformité n'a pas été délivré, vous encourez de réels risques. Deux cas de figure se présentent alors.

  1. La maison que vous convoitez a plus de 10 ans : le certificat de conformité n'est pas obligatoire et, par conséquent, vous ne risquez rien en l'achetant malgré son absence.
  2. La maison a moins de 10 ans : l'absence de certificat de conformité ou d'une attestation de non-contestation de conformité des travaux pourra vous exposer, en tant que propriétaire, à des sanctions administratives. Il vous sera par exemple impossible de demander une autorisation de travaux de rénovation auprès de votre mairie. De plus, vous devrez vous charger de remettre la maison en conformité avec le permis de construire initial.

Quel est le rôle du notaire face à un certificat de conformité manquant ?

Le notaire chargé de la vente a pour mission de vérifier les documents d'urbanisme du bien, mais il ne peut pas se substituer à une véritable enquête de terrain. Si le certificat de conformité ou la DAACT manque au dossier, il doit en informer l'acheteur et mentionner cette absence dans l'acte de vente.

Avant de signer, il est recommandé de demander conseil à des avocats spécialisés en droit immobilier ou de faire intervenir un géomètre-expert, afin de vérifier que les aménagements réalisés correspondent bien au permis de construire initial. Passer par une agence immobilière ne dispense pas de cette vigilance : c'est à l'acquéreur, avec l'appui du notaire, de rassembler les bonnes pièces avant l'achat.

Quels documents vérifier avant d'acheter une maison sans certificat de conformité ?

Avant de vous engager, il convient d'abord de rassembler plusieurs documents qui permettent d'y voir plus clair.

Le dossier de diagnostic technique (DDT), remis par le vendeur, ne renseigne pas directement sur la conformité au permis de construire, mais il complète utilement le tableau.

Le certificat d'urbanisme, délivré par la mairie, indique les règles applicables à la parcelle et peut révéler d'éventuelles irrégularités.

Pensez aussi à demander si les travaux ont fait l'objet d'une déclaration préalable de travaux lorsque leur ampleur ne justifiait pas un permis de construire complet.

En croisant ces différents documents avec ceux détenus par la commune, les acheteurs potentiels limitent fortement le risque de mauvaises surprises après la signature.

Quelles conséquences sur l'assurance et le financement bancaire ?

L'absence de certificat de conformité peut aussi avoir des conséquences sur des aspects moins visibles du dossier. Pour une construction récente, l'assurance dommages-ouvrage et la garantie décennale du constructeur restent dues, indépendamment de la délivrance du certificat, mais un défaut de conformité peut compliquer une déclaration de sinistre si le désordre est lié aux travaux non conformes.

Du côté du financement, les banques examinent en principe le dossier d'urbanisme avant d'accorder un prêt immobilier. Une irrégularité connue peut être une raison suffisante pour exiger des garanties supplémentaires, voire pour refuser le crédit.

Enfin, si la non-conformité est découverte après la signature, l'acheteur peut, sous certaines conditions, invoquer un vice caché pour engager la responsabilité du vendeur.

Attention : les délais pour agir contre le vendeur sont encadrés et courent à partir de la découverte du défaut.

Comment régulariser la situation avant l'achat ?

Dans certains cas, il est possible de demander au vendeur de régulariser la situation avant la signature définitive. Cette régularisation passe par le dépôt d'un dossier de permis de construire modificatif, éventuellement accompagné de l'avis d'un architecte si les modifications à effectuer sont importantes.

Le coût varie fortement selon l'ampleur des travaux à reprendre : en moyenne, une simple mise en conformité de l'électricité coûte entre 300 € et 1 000 €, alors qu'une extension mal déclarée peut nécessiter des travaux beaucoup plus lourds, voire, dans les situations les plus graves, une démolition partielle. Mieux vaut anticiper ces complications avant l'achat plutôt qu'après. Demander une régularisation en amont évite souvent une procédure longue une fois propriétaire.

En bref, l'essentiel est de vérifier ce point avant de signer, quel que soit l'âge de la maison.

Foire aux questions

Peut-on emprunter pour acheter une maison sans certificat de conformité ?

Oui, dans la majorité des cas. Les banques financent régulièrement ce type de bien, mais elles peuvent demander des garanties supplémentaires ou un engagement de régularisation si le défaut de conformité est connu au moment de la demande de prêt.

Que faire si le vendeur ne fournit pas le certificat de conformité ?

Demandez-lui d'interroger sa mairie pour obtenir une copie du document ou une attestation de non-contestation. Si aucun document n'est retrouvé, faites-le mentionner clairement dans le compromis de vente, avec une clause qui protège l'acheteur en cas de non-conformité découverte après la signature.

Cette obligation concerne-t-elle aussi les appartements ?

Oui, la même logique s'applique à un appartement de moins de 10 ans situé dans un immeuble collectif. Le syndic ou le vendeur doit alors être en mesure de présenter le document correspondant pour les parties concernées par les travaux.

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