En 2025, 52 900 logements Airbnb franciliens ont été loués plus de 120 jours dans l'année. Un record, selon l'Institut Paris Région (IPR). C'est à Paris, où les règles sont pourtant les plus strictes, que la progression est la plus nette. Analyse.
Près de 4 annonces Airbnb sur 10 louées à l'année
Pour cet état des lieux, l'IPR s'appuie sur les données d'AirDNA, un cabinet américain qui collecte automatiquement les annonces publiées sur les plateformes de location courte durée. L'institut n'a retenu que celles d'Airbnb pour éviter les doublons.
Le résultat ? 139 400 annonces actives en Île-de-France en 2025, dont 71 700 à Paris. Un total qui chute de 17 % sur un an, mais 2024 faisait figure d'exception avec l'afflux d'offres lié aux Jeux olympiques. Par rapport à 2023, ce chiffre progresse de 24 %.
Parmi ces annonces, 52 900 ont été louées plus de 120 jours, soit 38 % du total. Un « point haut historique », selon l’étude. Ce seuil correspond au plafond national de location d’une résidence principale, qui doit être occupée au moins 8 mois par an.
À Paris, les logements loués à l'année captent 72 % des nuitées
Paris concentre le phénomène. Selon l’IPR, la capitale comptait 29 000 locations « à l’année » en 2025, soit 10 000 de plus en deux ans. Elles représentaient environ 41 % des annonces Airbnb parisiennes, mais captaient 72 % des nuitées réservées.
Citée par Le Monde, la plateforme Airbnb conteste toutefois « fermement les chiffres et les conclusions de cette étude, qui donnent une image profondément trompeuse de la réalité des locations sur Airbnb à Paris et en Ile-de-France ».
L'enjeu dépasse le tourisme : dans une précédente étude publiée en 2021, l'IPR estimait déjà que les locations à l’année avaient contribué au recul du nombre de résidences principales à Paris depuis le début des années 2010.
Des règles plus strictes
Cette progression intervient alors que Paris a serré la vis sur les locations saisonnières. Depuis le 1er janvier 2025, une résidence principale ne peut plus y être louée en meublé de tourisme plus de 90 jours par an, contre 120 auparavant. Pour une résidence secondaire ou un investissement locatif, aucun plafond annuel ne s’applique.
En revanche, à Paris, le propriétaire doit demander à la mairie l’autorisation de transformer son logement en meublé touristique. Sans ce feu vert, il risque jusqu’à 100 000 € d’amende par logement.
Depuis début 2025, le plan local d’urbanisme (PLU) interdit en outre la création de nouveaux meublés touristiques du 1er au 11e arrondissement, ainsi que dans une partie du 18e…, et les amendes se multiplient.
Le 15 avril, le tribunal judiciaire de Paris a condamné une société civile immobilière (SCI) à 585 000 € d’amende pour avoir transformé un immeuble du 9e arrondissement en 11 meublés de tourisme, sans autorisation.
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