Appartement en cession de bail : comment ça fonctionne ?

Laetitia Lapiana
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Face aux tensions du marché locatif dans les grandes villes, décrocher un logement relève souvent du parcours du combattant. Dans ce contexte, la cession de bail séduit de plus en plus de locataires en permettant de reprendre un logement déjà occupé et son bail en cours. Une solution intéressante en zone tendue, à condition d’en comprendre le fonctionnement et de prendre quelques précautions avant de récupérer les clés. Explications.

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Cession bail
Reprendre un appartement en cession de bail peut permettre d’accéder plus facilement à un logement en zone tendue, à condition de sécuriser chaque étape de la passation avec le propriétaire. @ Getty Images
Sommaire

Appartement en cession de bail : de quoi s’agit-il ?

Souvent confondue avec la sous-location, précaire et juridiquement fragile, la cession de bail repose en fait sur un principe simple : le locataire en place transmet son contrat de location à un tiers. Celui-ci devient alors officiellement le nouveau titulaire du bail et reprend le logement en l'état.

Il ne s’agit donc pas d’un nouveau bail, mais bien d’une « passation » du contrat existant. Le repreneur peut ainsi profiter d’un loyer plus intéressant que ceux actuellement pratiqués sur le marché, surtout si le bail est ancien.

La cession de bail est relativement fréquente dans des contextes particuliers :  logements sociaux, colocations, locaux commerciaux ou villes où la pression immobilière complique fortement l’accès à la location, comme Paris ou Lyon. Elle reste toutefois assez marginale dans le parc locatif classique.

Peut-on céder librement un bail de location ?

Dans les faits, céder un bail d’habitation ne se fait pas librement. Encadrée par la loi, cette pratique ne peut se faire sans autorisation et exige l’accord écrit du propriétaire, notamment s’il s’agit d’un logement vide ou meublé à usage de résidence principale. Cela concerne l’immense majorité des locations soumises à la loi du 6 juillet 1989.

Même si le locataire en place trouve lui-même son successeur, le bailleur conserve un droit de regard sur le profil du nouveau venu. Il reste libre d’accepter ou de refuser la cession afin de sélectionner un nouveau dossier locatif et de relouer au prix du marché, souvent plus élevé.

Dans la plupart des cas, le propriétaire a toutefois intérêt à accepter la reprise si le dossier présenté est solide. Cela lui évite les frais de relocation, la gestion des annonces et, surtout, la redoutée vacance locative.

Comment se déroule une cession de bail ?

L’appartement en cession de bail s’organise notamment en trois temps.

  • Le locataire sortant identifie son remplaçant et veille à ce qu’il fournisse un dossier complet – justificatifs de revenus, contrat de travail, garant éventuel ou avis d’imposition.
  • Le bailleur vérifie la solvabilité du candidat avant de donner son feu vert définitif.
  • Pour finaliser l’opération, le propriétaire formalise son accord par écrit, généralement via un avenant au bail initial ou, plus rarement, par un acte de cession signé par les différentes parties.

À noter que, dans certains cas, le propriétaire préfère finalement signer un nouveau bail, avec des tarifs et des clauses identiques (ou presque) au contrat initial.

Appartement en cession de bail : les avantages à la clé

Si l’appartement en cession de bail suscite autant d’intérêt, c’est parce qu’il peut représenter une opportunité de taille dans les zones où l’offre locative se raréfie. À Paris, Lyon et dans d’autres métropoles étudiantes ou touristiques tendues, les annonces apparaissent et disparaissent parfois en quelques heures à peine. Certains locataires peuvent donc être tentés de transmettre leur logement à un proche ou à une connaissance.

Pour le locataire sortant, c'est la possibilité d'éviter le casse-tête du préavis et des doubles loyers alors qu’il doit emménager ailleurs sans délai.

Pour le nouveau locataire, c'est l'opportunité de mettre la main rapidement sur un logement, en évitant les plateformes saturées, les files d’attente sur le trottoir ou les visites marathon. Et, cerise sur le gâteau, cette démarche permet parfois de conserver les conditions du bail initial. Une aubaine si les loyers du quartier ont flambé depuis la signature originale.

Avant de reprendre un appartement en cession de bail, il est crucial de réaliser un état des lieux intermédiaire ou, à défaut, un inventaire photographique pour éviter toute mauvaise surprise au moment de quitter définitivement les lieux.

Les points de vigilance pour une transition sereine

Malgré ses nombreux avantages, l'appartement en cession de bail présente toutefois quelques écueils.

À commencer par la gestion du dépôt de garantie : le bail étant repris sans rupture de contrat, le propriétaire n'est pas tenu de restituer cette somme au locataire sortant tant que le bail court toujours. C'est donc au nouvel occupant de verser directement cette somme au locataire sortant dans le cadre d’un arrangement privé, en sachant qu'il pourra récupérer cette avance lors de son propre départ du logement.

Mais attention : certaines dégradations anciennes peuvent compliquer la restitution du dépôt de garantie en fin de bail si aucun état des lieux en bonne et due forme n’a été réalisé lors de la reprise du bien. D’où l’importance d’être particulièrement vigilant sur l’état général de l’appartement et de sécuriser la passation.

Pour le repreneur, il convient notamment de vérifier si l’appartement en cession de bail ne fait pas l'objet d'une procédure d'impayés ou de litiges en cours, tout en prenant connaissance des différents termes du contrat – charges récupérables, travaux, clauses particulières, assurance habitation ou règlement de copropriété...

Pour le cédant, il est essentiel de s’assurer qu'aucune clause de solidarité ne subsiste après la cession, afin d’être libéré de toute obligation de paiement futur.

Attention aux sous-locations déguisées et aux demandes financières abusives, certains locataires n’hésitant pas à proposer une cession de bail afin de contourner l’interdiction ou d’en tirer un profit financier, en réclamant parfois plusieurs milliers d’euros au nouvel entrant.

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