Mon chien s’est échappé, suis-je responsable ?

Morgane Jacquet
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Un portail mal fermé, un bruit soudain ou un simple manque de vigilance, et voilà votre compagnon à quatre pattes parti à l’aventure… Au-delà de l’inquiétude pour sa sécurité, l’escapade de votre animal engage en conséquence une responsabilité immédiate de son propriétaire. Entre idées reçues et réalités juridiques, voici tout ce qu’il vous faut savoir sur vos obligations et les bons réflexes à adopter, si votre chien décide de fuguer.

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Jack Russell seul sur les rails d'une voie ferrée au coucher du soleil
Lorsqu'un chien en fuite cause un dommage, les conséquences pour le propriétaire peuvent s'exercer sur deux plans : le plan pénal et le plan civil. ©Getty Images
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Le propriétaire, un gardien responsable, par principe

Selon l’article 1243 du Code civil, en tant que propriétaire d’un chien, vous êtes considéré comme son responsable légal : vous devez répondre de tous les dommages causés par votre animal, que celui-ci soit sous votre surveillance directe ou qu'il se soit « égaré ou échappé ». 

Cette règle est stricte, car elle instaure une véritable présomption de responsabilité. Concrètement, cela signifie que la victime n’a pas à prouver une quelconque faute ou négligence de votre part : la loi considère par défaut que le gardien est en tort, dès lors qu'un incident survient. Ce mécanisme est conçu pour être avant tout protecteur pour les victimes.

Qui est le véritable responsable ? Bien que le propriétaire soit le premier visé, la loi précise que la responsabilité peut peser sur « celui qui s’en sert ». Si vous confiez votre chien à un professionnel – comme un vétérinaire –, la garde est transférée et vous êtes déchargé de toute responsabilité. En revanche, soyez vigilant si vous prêtez votre chien à un proche pour une simple promenade : la durée est considérée comme généralement trop courte pour transférer la garde. Vous restez alors responsable des actes de votre animal.

L’exonération : dans quels cas votre responsabilité est-elle écartée ?

S'il est vrai que le propriétaire est présumé responsable, il n'est pas pour autant condamné d'avance. Pour s'exonérer – c'est-à-dire pour être déchargé de tout ou partie de sa responsabilité –, il doit apporter la preuve d'un événement extérieur, qui vient supprimer le lien entre sa garde et le dommage causé. 

Plusieurs hypothèses sont envisageables : 

  • La faute de la victime : elle peut être retenue, en cas de provocation ou d’imprudence caractérisée (excitation de votre chien, gestes agressifs, intrusion ou approche malgré le panneau « attention au chien »).
  • Le fait d’un tiers, par exemple, si un individu ouvre délibérément le portail retenant l’animal par malveillance ou par inattention, provoquant la fuite de votre chien. 
  • Le cas de force majeure, c’est-à-dire un événement imprévisible qui échappe à la volonté du propriétaire, comme une catastrophe naturelle exceptionnelle.

Dans le jargon juridique, on dit que la charge de la preuve est renversée. Ce n'est pas à la victime de prouver votre faute, mais à vous de démontrer l'une de ces circonstances pour contester votre responsabilité.

Les conséquences : des réparations civiles aux sanctions pénales

Lorsqu'un chien en fuite cause un dommage, les conséquences pour le propriétaire s'exercent sur deux plans :

  • Sur le plan civil pour réparer le préjudice. 

Les dommages peuvent être matériels – comme un accident de voiture provoqué par votre chien ou des dégâts dans le jardin d’un voisin – et l'indemnisation correspond au coût des réparations. Les dommages peuvent aussi être corporels (morsure, chute d’un passant, etc.) et les réparations peuvent alors couvrir d’éventuels frais médicaux, comme le préjudice moral.

  • Sur le plan pénal pour sanctionner un trouble à l’ordre public. 

Le Code pénal prévoit des amendes proportionnées à la gravité des faits. La loi interdit la divagation de l’animal dans l’espace public, c’est-à-dire son errement, ce qui est passible d’une contravention de deuxième classe et risque d’entraîner une mise à la fourrière. En cas de blessures graves, voire d’homicide involontaire, les peines peuvent atteindre 7 ans d’emprisonnement et 100 000 € d’amende.

En cas de morsure, une évaluation comportementale de l’animal peut être effectuée et conduire, dans les situations les plus critiques, à son euthanasie.

Références juridiques

  • Code civil : article 1243
  • Code pénal : article 221-6-2
  • Code de la route : article R412-44
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