Locataire d'un meublé, votre propriétaire vend. Avez-vous un droit de préemption ?

Morgane Jacquet
mis à jour le
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Recevoir l'annonce de la vente de votre logement meublé est souvent source d'inquiétude. Une question s'impose immédiatement : avez-vous un droit de préemption pour acheter en priorité ? La réponse n'est pas aussi simple qu'il y paraît. Si la règle générale veut que le locataire d'un meublé ne soit pas prioritaire, deux exceptions majeures peuvent changer la donne. Voici tout ce qu'il faut savoir sur vos droits et les démarches à engager.

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Locataire d'un meublé, votre propriétaire vend le logement. Êtes-vous prioritaire ?
Contrairement aux locations vides, le droit de préemption pour le locataire d'une location meublée n'est pas systématiquement appliqué. © arsdigital
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Il n'y a pas de droit de préemption pour la vente d'un logement meublé

Lorsque le propriétaire d'un bien loué souhaite vendre, deux options s'offrent à lui : donner congé à son locataire ou vendre le bien loué. La situation du locataire diffère selon l'option retenue et selon la nature de la location.

La loi du 6 juillet 1989 offre un droit de préemption au locataire d'un logement non meublé lorsque le propriétaire donne congé pour vente. À l'inverse, la réglementation des locations meublées ne prévoit aucun droit de préemption : le locataire peut se porter acquéreur, mais il ne sera pas prioritaire sur la vente.

Attention cependant : cette absence de droit de préemption ne signifie pas que le propriétaire peut agir sans contrainte. Le congé pour vente d'un logement meublé doit respecter un préavis de 3 mois avant le terme du bail (article 25-8 de la loi du 6 juillet 1989) et être notifié par lettre recommandée avec accusé de réception. Tout motif insuffisant ou notification tardive peut constituer une absence de notification valide, ouvrant droit à contestation de la part du locataire.

Bon à savoir

Dans le cadre d'un logement meublé, le congé pour vente ne donne pas droit à un droit de préemption pour le locataire. Toutefois, cette priorité n'est pas systématiquement exclue : la loi du 31 décembre 1975 prévoit deux situations particulières dans lesquelles une nouvelle offre de vente doit être proposée au locataire.

Les exceptions qui ouvrent un droit de préemption au locataire d'un bien meublé

Lorsque le bien meublé est vendu en cours de bail, le locataire peut, sous certaines conditions, bénéficier d'un droit de préemption. Prévus par la loi du 31 décembre 1975, les cas de « vente en bloc » et « vente à la découpe » offrent la possibilité pour le locataire de se porter acquéreur du bien en priorité. Ces deux situations concernent des opérations immobilières de grande envergure portant sur des immeubles collectifs, et non une simple vente individuelle du logement occupé.

La vente à la découpe

Avant de conclure la vente d'un ou plusieurs locaux à usage d'habitation ou à usage mixte consécutive à la division initiale ou à la subdivision d'un immeuble par lots, le propriétaire a l'obligation de communiquer au locataire le prix et les conditions de la vente projetée pour le local qu'il occupe. Cette notification vaut nouvelle offre de vente au profit du locataire et doit se faire par lettre recommandée avec accusé de réception. Le locataire dispose alors d'un délai de 2 mois pour accepter ou refuser l'offre. Cette démarche est obligatoire à peine de nullité de la vente.

Si le locataire accepte l'offre, il dispose d'un délai supplémentaire pour réaliser l'acte de vente devant notaire. L'intention du vendeur de vendre à un tiers à des conditions plus avantageuses après un refus du locataire déclenche une nouvelle obligation de notification. En cas de non-respect de ces règles, le locataire peut saisir le tribunal judiciaire pour faire prononcer la nullité de la vente.

La vente en bloc

Avant la conclusion de la vente, dans sa totalité et en une seule fois, d'un immeuble à usage d'habitation ou à usage mixte de plus de cinq logements, le bailleur doit informer par lettre recommandée avec accusé de réception chacun des locataires ou occupants de bonne foi. Cette notification porte sur le prix et les conditions de la vente de l'immeuble dans sa totalité, ainsi que sur le prix et les conditions pour le local occupé par chaque locataire. Comme pour la vente à la découpe, cette notification vaut offre de vente au profit du locataire, à peine de nullité. Le locataire dispose d'un délai de 2 mois pour manifester son intention d'acheter.

Dans les deux cas, si le locataire ne répond pas dans le délai imparti ou refuse l'offre, il perd sa priorité d'achat pour le bien concerné et doit quitter les lieux à l'échéance de son bail selon les conditions normales de fin du bail. En cas d'absence de notification ou de non-respect des obligations du vendeur, la nullité de la vente peut être prononcée par le juge.

Vos recours en cas de non-respect de vos droits

Si le bailleur a omis la notification obligatoire ou s’il a vendu à des conditions plus favorables que celles initialement proposées, le locataire dispose de recours. Une démarche judiciaire devant le tribunal judiciaire peut aboutir à la nullité de la vente et, le cas échéant, au versement de dommages et intérêts. Les associations de défense des locataires, les ADIL (Agences Départementales d'Information sur le Logement) et les avocats spécialisés en droit immobilier peuvent vous accompagner dans cette démarche.

L'article 10 de la loi de 1975 prévoit également la protection des occupants de bonne foi, y compris dans le cadre d'une subdivision de bâtiments en plusieurs subdivisions. Il est important de vérifier, dès réception du congé, si votre logement entre dans le cadre d'une opération de vente en bloc ou de vente à la découpe : un notaire peut vous aider à clarifier la situation et à identifier vos droits réels avant de prendre toute décision.

Références juridiques

  • Articles 15 et 25-8 de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989
  • Articles 10 et 10-1 de la loi n°75-1351 du 31 décembre 1975
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