Crise chez Stéphane Plaza Immobilier : des franchisés fuient le réseau

Laetitia Navarra
Partager sur
FacebookTwitterLinkedin

La condamnation de Stéphane Plaza à 12 mois de prison avec sursis pour violences conjugales secoue son réseau d'agences immobilières. Entre dilemmes éthiques et réalités économiques, de nombreux franchisés cherchent une porte de sortie.

Image
Ces franchisés qui veulent quitter Stéphane Plaza Immobilier
Ces franchisés qui veulent quitter Stéphane Plaza Immobilier ©Getty Images
Sommaire

Stéphane Plaza Immobilier : un réseau fragilisé par la chute de l’animateur vedette

Depuis sa création en 2015, le réseau Stéphane Plaza Immobilier s'est imposé comme un acteur incontournable du secteur des agences immobilières, porté par la popularité de l’animateur.

Mais sa condamnation le 18 février 2025 pour violences conjugales a sévèrement terni son image, mettant en difficulté les 568 franchisés qui avaient capitalisé sur sa notoriété.

Plusieurs d’entre eux jugent que « l'association de leur activité à un nom désormais controversé menace leur réputation et, par conséquent, leur chiffre d'affaires ». Se pose alors l’épineuse question de rester dans le réseau ou de le quitter.

Partir ou rester ?

« Plusieurs dizaines de franchisés Stéphane Plaza Immobilier m’ont contactée dans la perspective de quitter le réseau », indique Sarah Laassir, avocate. Problème ? Ils doivent indemniser l’enseigne pour la rupture anticipée de leur contrat et débourser des droits d’entrée pour en intégrer une nouvelle.

Par exemple, Pierre, l’un des franchisés du groupe, évoque la somme de 120 000 à 130 000 euros pour rompre son contrat courant jusqu’en 2027. Auxquels s’ajoutent 45 000 euros de ticket d’entrée dans un autre réseau et de transformation d’une agence.

Comme le souligne l’avocate, « la visibilité de monsieur Stéphane Plaza, qui faisait autrefois la force du réseau, est devenue sa plus grande faiblesse. Comme ses clients sont « victimes de cette situation, il est difficilement audible, pour eux, de devoir payer pour s’en extraire ».

M6 face à la crise : des mesures jugées décevantes par les franchisés

Contrairement aux idées reçues, Stéphane Plaza n’est pas le fondateur, mais co-actionnaire du réseau SPI, possédé à 51 % par le groupe M6. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la réaction de l'actionnaire majoritaire se révèle timide au regard des attentes des franchisés pour juguler la crise Plaza.

Pour le moment, M6 s’est contentée d’accorder des ristournes sur la redevance des franchisés : - 600 euros au dernier trimestre 2024, au premier trimestre 2025 et -300 euros en avril et en mai. Et pour attirer de nouveaux candidats, elle a prévu une baisse des droits d’entrée à 21.500 euros.

Insuffisant, pour les membres du réseau, qui dénoncent outre la perte de CA, des clients qui leur claquent la porte au nez lorsqu’ils annoncent travailler sous la bannière SPI ou même le départ de leurs négociateurs les plus aguerris. Ce qu’ils attendent ? De débaptiser l’enseigne, ni plus ni moins.

« M6 a fait le choix courageux de déprogrammer les émissions de Stéphane Plaza. Pourquoi la franchise ne fait pas le choix courageux de dire : nous aussi, on arrête le nom Stéphane Plaza Immobilier ? », s’interroge un franchisé. Certains, comme Julien, ont d’ores et déjà purement et simplement retiré le nom de l’ex-animateur vedette de la devanture de leur agence.

En attendant, le franchiseur annonce entamer un tour de France des membres de son réseau « afin de discuter de tous ces points et de proposer des solutions à nos problématiques en avril ». Affaire à suivre, donc.

 

 

Vous avez un projet d'achat immobilier ?
Cet article vous a été utile ?
0
0

Pouvez-vous nous préciser pourquoi ? (facultatif)

Partager sur
FacebookTwitterLinkedin
Plus de conseils
Ces articles peuvent vous intéresser
A la une !