Fibre en location : votre propriétaire peut-il vraiment refuser l’installation ?

Blandine Rochelle
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Télétravail, streaming, jeux en ligne… Une connexion internet rapide est devenue essentielle au quotidien. Mais lorsqu’on est locataire, une question se pose souvent : faut-il l’accord du propriétaire pour installer la fibre optique ? Entre « droit à la fibre », travaux dans le logement et obligations du locataire, les règles peuvent sembler floues. En pratique, la loi protège largement les occupants, tout en imposant certaines démarches avant toute installation.

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La loi a mis en place un "droit à la fibre" qui empêche les bailleurs d'infliger des refus abusifs à leurs locataires concernant l'installation de la fibre. © SDI Productions - Getty images
La loi a mis en place un « droit à la fibre » qui empêche les bailleurs d'infliger des refus abusifs à leurs locataires concernant l'installation de la fibre. © SDI Productions - Getty Images
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Le « droit à la fibre » protège les locataires

Depuis plusieurs années, la loi française reconnaît un véritable « droit à la fibre ». Ce principe est notamment issu du décret du 15 janvier 2009. Il garantit aux occupants d’un logement, qu’ils soient propriétaires ou locataires, l’accès à un réseau internet très haut débit

Concrètement, cela signifie qu’un propriétaire ne peut pas refuser librement l’installation de la fibre dans un logement loué. Il doit avoir un motif sérieux et légitime pour s’y opposer. Par exemple :

  • le logement est déjà raccordé à la fibre ; 
  • un raccordement collectif est déjà prévu dans l’immeuble.

En dehors de ces situations, un refus abusif peut être contesté.

Peut-on faire installer la fibre sans prévenir le propriétaire ?

Même si le droit à la fibre existe, cela ne veut pas dire que vous pouvez faire réaliser les travaux sans informer votre bailleur.

Dans la majorité des cas, le raccordement nécessite des interventions matérielles : percement d’un mur, passage d’un câble, installation d’une prise optique ou intervention dans les parties communes. Ces modifications touchent au logement lui-même.

Vous devez donc prévenir le propriétaire avant toute installation, généralement par lettre recommandée avec accusé de réception. Cette étape est particulièrement importante dans une maison individuelle ou dans un appartement qui n’est pas encore raccordé.

La situation est plus simple si l’immeuble est déjà fibré

Dans certains cas, les démarches sont beaucoup plus légères. Si l’immeuble ou la maison sont déjà raccordés au réseau fibre et qu’il suffit de brancher votre logement, la procédure est souvent rapide.

L’ANIL précise que lorsque le bâtiment est déjà équipé, c’est au locataire de contacter directement un opérateur pour demander le raccordement final du logement. Cette intervention est généralement prise en charge par le fournisseur d’accès à internet. En pratique, beaucoup d’installations se résument alors à :

  • poser une prise terminale optique ;
  • tirer un câble discret dans le logement ;
  • raccorder l’appartement au réseau existant de l’immeuble.

Même dans cette situation, mieux vaut prévenir le propriétaire en amont pour éviter tout litige au moment de l’état des lieux de sortie.

Notez que le syndicat des copropriétaires ne peut pas non plus s’opposer au raccordement de l’immeuble à la fibre optique sans motif réel et sérieux.

Le propriétaire peut-il refuser la fibre ?

Oui, mais uniquement dans des cas bien précis. La loi encadre fortement les refus. Le bailleur doit être capable de justifier son opposition avec un motif sérieux et légitime. Il n’en existe que deux et le refus peut être accepté si :

  • le logement est déjà équipé de la fibre ;
  • un projet collectif est envisagé pour l’installation au sein de la copropriété.

En revanche, un simple refus de principe ne suffit pas légalement.

Le propriétaire dispose également de délais précis pour répondre. Il a ainsi 3 mois pour refuser si le logement est déjà équipé et 6 mois pour concrétiser le projet collectif, notamment en présentant la demande en assemblée générale et en sollicitant le syndic de copropriété. Passé ce délai, le locataire peut engager les travaux d’installation de la fibre.

Qui paie les frais d’installation de la fibre ?

Bonne nouvelle : dans la majorité des cas, les frais de raccordement sont pris en charge par l’opérateur internet

Le locataire règle ensuite son abonnement mensuel, comme pour toute box internet.

Cependant, certains travaux particuliers peuvent engendrer des coûts supplémentaires :

  • raccordement complexe d’une maison individuelle ; 
  • travaux spécifiques dans les parties communes ; 
  • installation enterrée ou passage de gaines supplémentaires. 

Dans ces situations, la répartition des frais peut dépendre de la nature des travaux et des accords entre le propriétaire, le syndic et l’opérateur.

Appartement, maison, copropriété : les règles changent selon le logement

Toutes les situations ne se ressemblent pas. Dans une copropriété, le syndic joue souvent un rôle central. Le propriétaire doit parfois inscrire le sujet à l’ordre du jour d’une assemblée générale lorsque les travaux concernent les parties communes

Dans une maison individuelle louée, l’accord écrit du bailleur reste généralement indispensable, notamment si des perçages extérieurs sont nécessaires. 

Enfin, certains immeubles anciens ou atypiques peuvent compliquer le raccordement. Il s’agit là encore d’un motif qui peut être recevable pour motiver le refus d’installation de la fibre, mais ce cas reste rare.

Si vous rencontrez des difficultés avec le propriétaire concernant le raccordement du logement à la fibre, n’hésitez pas à contacter l’ANIL pour obtenir des conseils.

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