Comment annuler une offre d’achat ?

Blandine Rochelle
mis à jour le
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Une offre d’achat immobilier peut produire des effets juridiques avant même la signature du compromis de vente. Son retrait, son acceptation et les possibilités de rétractation dépendent de son contenu, de sa durée de validité et de l’état d’avancement de la vente. Nous faisons le point.

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Une offre d'achat engage les deux parties. © fizkes - Getty Images
L'offre d'achat est annulée si le vendeur la refuse. © fizkes - Getty Images
Sommaire
Les points à retenir sur l'annulation d'une offre d'achat
  • Le vendeur peut accepter, refuser ou faire une contre-offre. Après l'acceptation de l'offre, le vendeur n’a pas de délai de rétractation.
  • Si une offre orale peut produire des effets, l’écrit reste indispensable pour prouver l'existence d'un accord et les conditions de la vente.
  • L'offre d'achat manifeste la volonté d’acheter alors que le compromis organise l’opération (diagnostics, financement, calendrier...).
  • Pour se rétracter après le compromis, l’acquéreur doit envoyer un courrier recommandé avec accusé de réception.
  • Les conditions suspensives subordonnent la vente. Si elles ne sont pas réalisées, le compromis devient caduc si les démarches ont été faites de bonne foi.

Retirer une offre d’achat avant ou après son acceptation

Lorsque le vendeur reçoit une offre d’achat, il peut, sous réserve des circonstances et du contenu de l’annonce ou du mandat :

  • accepter l’offre, ce qui peut former la vente si l’accord est ferme et porte sur le bien et le prix, sous réserve des conditions prévues ;
  • refuser l’offre, qui devient alors sans effet ;
  • formuler une contre-proposition, laquelle vaut rejet de l’offre initiale et constitue une nouvelle offre.

Tant qu’elle n’est pas parvenue au vendeur, l’offre peut être librement retirée. Une fois reçue, elle doit en principe être maintenue pendant le délai qu’elle fixe ou, à défaut, pendant un délai raisonnable. Un retrait prématuré empêche la conclusion de la vente, mais peut engager la responsabilité extracontractuelle de l’acquéreur.

Si un avant-contrat est ensuite conclu, l’acquéreur non professionnel d’un logement peut exercer le délai légal de rétractation de 10 jours prévu par la loi.

Après acceptation, le vendeur ne bénéficie pas de délai de rétractation. Selon la rédaction de l’offre et les éventuelles réserves, son acceptation peut l’engager à signer l’avant-contrat.

Quelle valeur juridique pour une offre d’achat orale ?

Une offre d’achat immobilière n’est pas nécessairement dépourvue d’effet au seul motif qu’elle a été formulée oralement : en droit des contrats, la volonté peut résulter d’une déclaration ou d’un comportement non équivoque.

Toutefois, compte tenu du montant et des enjeux d’une vente immobilière, un écrit est indispensable en pratique pour établir l’existence, le contenu et les conditions de l’offre. Il est donc recommandé de formaliser l’offre par écrit, que ce soit par l’intermédiaire de l’agence immobilière, d'un notaire ou par un envoi permettant d’en conserver la preuve (RAR ou mail). Elle devrait préciser :

  • l’adresse et une description suffisamment précise du bien ;
  • le prix proposé ;
  • la durée de validité de l’offre ;
  • les modalités dans lesquelles le vendeur doit répondre ;
  • le mode de financement envisagé et, le cas échéant, le recours à un prêt ;
  • les éventuelles conditions suspensives ou réserves, notamment la signature ultérieure d’un avant-contrat ;
  • la caducité de l’offre en l’absence d’acceptation dans le délai prévu.

En pratique, l’absence d’écrit rend la preuve d’une offre orale et de son acceptation particulièrement difficile. Il est donc prudent de ne considérer aucun accord immobilier comme sécurisé sans document écrit définissant clairement le bien, le prix, la durée de l’offre et les conditions de la vente.

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<em>Modifier Article</em> Comment annuler une offre d’achat ?
L'offre d'achat doit contenir certaines mentions importantes. © SeLoger

Quelle différence entre l’offre d’achat et le compromis de vente ?

L’offre d’achat et le compromis de vente interviennent à des étapes différentes, mais l’offre acceptée peut déjà avoir des conséquences contraignantes. Leur portée dépend de leur rédaction et des conditions qu’ils contiennent. 

L’offre d’achat est la proposition par laquelle l’acquéreur manifeste sa volonté d’acheter un bien à un prix déterminé. Lorsqu’elle est ferme, précise et acceptée sans réserve, l’accord sur le bien et le prix peut suffire à former la vente, sauf si les parties ont expressément subordonné leur engagement à une formalité ou à une condition ultérieure. Le vendeur n’est pas automatiquement tenu d’accepter toute offre au prix affiché : cela dépend notamment de la portée juridique de l’annonce, des réserves exprimées et, en présence d’un intermédiaire, des pouvoirs conférés par le mandat.

Le compromis de vente organise de façon détaillée l’opération : désignation du bien, prix, financement, conditions suspensives, diagnostics, calendrier et date envisagée pour l’acte authentique. Il peut être signé sous seing privé, avec ou sans l’intervention d’un agent immobilier, ou devant notaire. Une indemnité d’immobilisation ou un dépôt de garantie, souvent appelé séquestre, peut être prévu. Son versement n’est toutefois pas systématique et son montant, fréquemment compris entre 5 et 10 % du prix, résulte de l’accord des parties et des pratiques du dossier.

Pour annuler son offre d’achat au moment du délai de rétractation suivant la signature du compromis de vente, l’acquéreur doit adresser un courrier recommandé avec accusé de réception mais n’est pas contraint de motiver sa décision.

Compromis de vente : quel rôle jouent les conditions suspensives ?

Les conditions suspensives permettent de subordonner la vente à la réalisation d’un événement futur et incertain. Si la condition prévue ne se réalise pas dans le délai convenu, l’avant-contrat devient en principe caduc, sans pénalité pour l’acquéreur lorsque celui-ci a accompli les démarches exigées de bonne foi.

L’acquéreur ne peut pas provoquer volontairement l’échec d’une condition pour se libérer de son engagement. La condition suspensive la plus courante concerne l’obtention d’un crédit immobilier. Dès lors que l’acte indique que l’achat est financé, même partiellement, par un ou plusieurs prêts, il est conclu sous condition suspensive de leur obtention. La durée prévue pour cette condition ne peut être inférieure à un mois.

En cas de refus de prêt conforme aux caractéristiques précisées dans l’acte (montant, durée, taux maximal ou nombre de demandes, etc.), les sommes versées d’avance doivent être intégralement remboursées, sans retenue ni indemnité. D’autres conditions peuvent porter sur l’obtention d’un permis de construire, la vente préalable d’un autre bien, l’absence de servitude majeure ou le résultat d’une étude de sol. Leur rédaction doit être précise : événement attendu, délai, justificatifs et conséquences d’une défaillance.

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