Plomberie : qui paie les réparations entre le locataire et le propriétaire ?

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En matière de réparations de plomberie, la répartition des responsabilités entre le locataire et le propriétaire suit un cadre juridique précis. Savoir qui doit payer quoi permet d'éviter les désaccords et de réagir efficacement face à une panne ou une fuite. Le point en détail sur les réparations locatives à la charge de chacun, les cas particuliers et les recours disponibles, en cas de litige.

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Un plombier travaille sur la réparation des canalisations d'un évier
Le débouchage d'une canalisation ou d'un siphon obstrué est à la charge du locataire lorsque le bouchon résulte d'un usage inadapté. © Getty Images
Sommaire

Propriétaire ou locataire : qui doit payer les travaux de plomberie ?

Lors de la location d'un logement, des réparations de plomberie sont parfois nécessaires : fuite de robinet, chasse d'eau défectueuse, panne de chauffe-eau... La distinction entre ce qui incombe au locataire et ce qui relève du propriétaire repose sur l'origine du problème et sur le cadre juridique fixé par la loi du 6 juillet 1989 et par le décret n° 87-712 du 26 août 1987, qui établit la liste des réparations locatives.

Selon ces textes, le locataire prend en charge les petites réparations et l'entretien régulier des équipements mis à sa disposition : changement des joints, remplacement des vis, entretien annuel de la chaudière, nettoyage des siphons, etc. Si les travaux résultent d'une négligence ou d'une détérioration imputable au locataire, les frais sont également à sa charge.

De son côté, le bailleur doit prendre en charge les grosses réparations et celles qui résultent d'un sinistre lié à la vétusté ou à l'usure normale des installations. La loi oblige le propriétaire à vérifier que le logement qu'il met en location répond à la réglementation en vigueur. Tous les équipements doivent être en état de marche, sans risque pour la santé et la sécurité du locataire.

Plomberie : les réparations à la charge du locataire

Les réparations à la charge du locataires sont listées ci-après : 

  • Réparation des toilettes : remplacement du flotteur.
  • Fuite des WC : remplacement du joint de chasse d'eau et du robinet d'alimentation.
  • Dégorgement des canalisations, sauf en cas de bouchon naturel ou de défaut de la canalisation elle-même.
  • Remplacement des joints et colliers des canalisations.
  • Fuite de robinet et de mitigeur : remplacement des joints, clapets et presse-étoupes.
  • Remplacement des flexibles de douche et du pommeau de douche.
  • Entretien annuel de la chaudière (contrat d'entretien obligatoire).
  • Entretien courant du chauffe-eau : détartrage, vérification de l'anode, purge.
  • Canalisations de gaz : entretien courant (robinets, siphons et ouvertures d'aération) et remplacement périodique des tuyaux souples de raccordement.
  • Fosses septiques : vidange des fosses septiques, puisards et fosses d'aisance.
  • Nettoyage des corps de chauffe et des tuyauteries.
  • Ramonage des conduits d'évacuation des fumées et des gaz et des conduits de ventilation.
  • Débouchage de l'évier et du siphon, en cas d'obstruction due à un usage inadapté.

Les travaux de plomberie qui incombent au propriétaire

Le propriétaire est quant à lui tenu de prendre en charge les travaux suivants : 

  • Changement d'un robinet ou mitigeur, en cas de vétusté avérée.
  • Réparation des fuites sur la canalisation et la tuyauterie, en cas d'usure par le temps.
  • Remplacement d'un tuyau endommagé par la corrosion ou l'âge.
  • Réparation des canalisations extérieures usées ou cassées (gouttières...).
  • Fuite de toilettes : remplacement du mécanisme de chasse d'eau, en cas de vétusté.
  • Remplacement des WC vétustes.
  • Remplacement des tuyauteries et de la robinetterie, en cas d'usure normale.
  • Réparation des canalisations des parties communes (relevant du syndicat de copropriété, le cas échéant).
  • Remplacement de la chaudière ou du chauffe-eau, en cas de panne définitive liée à la vétusté.
  • Dégâts provoqués par une catastrophe naturelle (inondation, tempête, gel des conduites...).
  • Réparation d'une installation, dont le défaut préexistait à l'entrée dans les lieux.

Cas particulier : le chauffe-eau

Le chauffe-eau mérite une attention spécifique, car il est souvent confondu avec la chaudière. En règle générale, l'entretien courant du chauffe-eau (détartrage, purge ou vérification de l'anode sacrificielle) incombe au locataire. En revanche, si l'équipement tombe en panne, en raison de sa vétusté ou d'un défaut intrinsèque, le remplacement est à la charge du propriétaire. En cas de doute sur la cause de la panne, il est conseillé de faire établir un devis par un plombier, en conservant une copie comme preuve.

Débouchage et évier : qui paie quand la canalisation est bouchée ?

Le débouchage d'une canalisation ou d'un siphon obstrué est à la charge du locataire lorsque le bouchon résulte d'un usage inadapté : accumulation de graisses dans l'évier, corps étrangers dans les toilettes, etc. 

En revanche, si l'obstruction est due à un défaut de la canalisation elle-même, la réparation incombe au propriétaire. La distinction repose donc sur l'origine du problème. Des photos datées et un rapport de plombier peuvent aider à établir la cause réelle du bouchon et à éviter tout désaccord.

Que faire, en cas d'urgence plomberie ?

Face à une fuite importante, une panne de chauffe-eau en plein hiver ou des conduites gelées, le locataire doit agir rapidement. Voici les étapes à suivre :

  1. Couper l'arrivée d'eau, via la vanne d'arrêt (généralement sous l'évier ou près du compteur d'eau).
  2. Prévenir immédiatement le propriétaire par écrit (SMS, courriel), en joignant des photos datées.
  3. Contacter l'assurance habitation pour déclarer le sinistre, notamment en cas de dégât des eaux.
  4. Si le propriétaire est injoignable et que la situation présente un danger immédiat, le locataire peut faire intervenir un plombier en urgence et se faire rembourser les frais engagés, à condition de conserver tous les justificatifs.

Rôle de l'assurance habitation, en cas de sinistre de plomberie

L'assurance habitation joue un rôle clé lorsqu'un sinistre de plomberie survient, notamment en cas de dégât des eaux. En général, c'est le locataire qui doit déclarer le sinistre à son assurance dans les cinq jours ouvrés suivant la découverte. 

Si le dégât des eaux provient des parties communes ou d'un vice de construction, c'est le propriétaire qui doit intervenir auprès de son assurance. En cas de doute, l'ADIL (Agence départementale d'information sur le logement) peut apporter des conseils gratuits et personnalisés.

Que faire, en cas de litige au sujet des réparations ?

Le refus de réaliser des réparations locatives ou d'entretenir le logement peut donner lieu à des litiges entre les deux parties

En situation de désaccord, la première étape consiste à rechercher une solution amiable. La documentation est ici déterminante : conservez tous les échanges écrits, devis, photos et rapports d'intervention pour étayer votre position.

La voie amiable

Adressez une mise en demeure à la partie adverse, en motivant juridiquement votre demande et en précisant le coût des travaux estimé. Si la partie adverse ne répond pas dans le délai imparti, vous pouvez engager un règlement amiable appelé « conciliation »

Vous avez la possibilité de saisir la Commission départementale de conciliation ou l'ADIL pour obtenir un avis consultatif et faire avancer les échanges.

La voie judiciaire

Lorsque la conciliation amiable n'aboutit pas, il faut envisager la voie judiciaire, à commencer par l'assignation à comparaître : délivrée par un huissier de justice, elle informe la partie adverse qu'un procès est engagé. L'audience a lieu 2 ou 3 mois après la remise de l'assignation.

Il est également possible de recourir à la procédure simplifiée par déclaration au greffe du tribunal. En cas de dommage imminent, le tribunal peut être saisi en urgence en référé, ce qui permet au juge de rendre une ordonnance en urgence.

L'injonction de faire

Dans le cas de travaux non exécutés, il est possible de recourir à une injonction de faire. Le plaignant dépose sa demande au greffe du tribunal ; si le juge l'accepte, il rend une ordonnance précisant le délai et les conditions d'exécution des travaux.

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