Grenier aménagé : combien ça peut réellement faire gagner à la revente ?

Paul Anthonioz
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En moyenne, l’aménagement d’un grenier peut augmenter la valeur d’un bien de 10 à 20 %. Dans les zones tendues, la hausse peut même atteindre 30 %. Mais attention, tous les greniers aménagés ne se valent pas… Décryptage.

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Combien peut rapporter l'aménagement de votre grenier à la revente ?
Combien peut rapporter l'aménagement de votre grenier à la revente ? © Getty Images
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Grenier aménagé : le détail juridique qui change (vraiment) le prix

À la revente, un grenier aménagé n’est pas automatiquement valorisé comme une pièce classique. Pour les professionnels de l’immobilier, un critère prime sur tous les autres : son statut. Autrement dit, parle-t-on d’une surface habitable ou d’un simple espace annexe ?

Pour qu’un espace sous combles soit reconnu comme habitable, l’article R111-2 du Code de la construction impose notamment une hauteur sous plafond minimale de 1,80 m. En dessous de ce seuil, votre grenier aura beau être aménagé, il ne sera pas comptabilisé comme une vraie surface habitable.

Cette distinction est loin d’être neutre… Un grenier aménagé reconnu comme habitable peut être valorisé au prix du m² du logement, ou presque. À l’inverse, s’il est considéré comme un simple espace annexe, sa valorisation dépasse rarement 20 % du prix au m². À surface égale, l’écart à la revente peut donc être multiplié par cinq.

S’il vous manque de la hauteur pour que votre grenier soit considéré comme habitable, vous pouvez faire surélever votre toit ou modifier sa pente. Pour cela, il vous faudra obtenir l’accord de la mairie. Autre possibilité : le décaissement, une opération qui consiste à abaisser le plancher.

Isolation du toit et DPE : un effet domino sur le prix

Autre levier clé : la performance énergétique. Aménager un grenier implique presque toujours de reprendre l’isolation de la toiture. Or, selon l’Ademe, jusqu’à 30 % des pertes de chaleur d’un logement proviennent du toit.

Résultat ? Cet aménagement peut vous aider à réduire votre facture d’énergie, à améliorer votre confort thermique… et parfois même à gagner une lettre sur le diagnostic de performance énergétique (DPE).

Un détail loin d’être anecdotique à la revente ! D’après le Conseil supérieur du notariat, en 2024, une maison classée G s’est vendue en moyenne 25 % moins cher qu’un bien classé D. Pour un logement classé F, la décote atteignait 18 %.

Luminosité, accès, conformité : les détails qui font la différence

D’autres critères peuvent influer sur la valeur de votre grenier aménagé à la revente, à commencer par la luminosité : un grenier baigné de lumière naturelle sera toujours mieux perçu par les acheteurs. L’installation de fenêtres de toit (comptez entre 600 et 1 200 € par unité, pose comprise) peut donc faire toute la différence.

Autre critère déterminant : l’accessibilité. Un grenier desservi par un véritable escalier – et non une échelle escamotable – sera perçu comme une extension naturelle du logement. Mais là encore, ces travaux ont un coût. Selon le modèle choisi, la création d’un escalier représente un budget de 500 à 1 500 €.

Les acheteurs seront également attentifs aux équipements techniques : une ventilation efficace, des prises électriques en nombre suffisant, voire une arrivée d’eau pour créer une salle de bain ou un bureau indépendant. Autant de détails qui renforcent l’usage réel de la pièce… et sa valeur.

Enfin, la conformité des travaux sera, elle aussi, un point décisif. Un grenier aménagé dans les règles avec une déclaration préalable – ou un permis de construire, si nécessaire – rassurera les acheteurs. À l’inverse, un aménagement non déclaré pourra devenir un argument de négociation, voire bloquer la vente.

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