Prêt personnel pour un achat immobilier : est-ce vraiment possible ?

Blandine Rochelle
mis à jour le
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Le prêt personnel s’obtient assez simplement et sans justifier de l’usage des fonds, ce qui peut donner envie de l’utiliser pour acheter un logement. En réalité, ce crédit à la consommation ne peut pas financer l’achat d’un bien immobilier. Plafonné et moins protecteur qu’un crédit immobilier, il reste réservé aux dépenses courantes ou à certaines dépenses liées au logement, comme des travaux. Voici ce qu’il permet, ses limites et les solutions pour boucler le financement de votre projet immobilier.

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Le prêt personnel est un crédit à la consommation qui sert à effectuer des dépenses courantes. © ljubaphoto - Getty images
Le prêt personnel est un crédit à la consommation qui sert à effectuer des dépenses courantes. © ljubaphoto - Getty images
Sommaire
L’essentiel en bref
  • Le prêt personnel finance des dépenses courantes, pas un bien immobilier, et son plafond passe à 100 000 €.
  • Il coûte souvent plus cher qu'un crédit immobilier et impose des mensualités plus lourdes sur une durée courte.
  • Le crédit immobilier offre un cadre plus protecteur avec 30 jours de maintien, réflexion de 10 jours et garanties.
  • Le prêt personnel peut financer des travaux, mais pas un terrain ni la construction, et l'endettement reste limité à 35 %.
  • Pour compléter un achat, privilégiez apport, PTZ, prêt Action Logement, prêt familial ou prêt relais.

Le plafond du prêt personnel : 75 000 €, puis 100 000 €

Rappelons d’abord que le prêt personnel est avant tout mis en place pour les dépenses « courantes », puisqu’il s’agit d’un crédit à la consommation. On en contracte notamment pour l’achat d’une voiture, d’un voyage, d’équipements électroménagers ou encore pour financer un mariage. Par définition, la somme empruntée s’utilise librement, sans justificatif. Ce prêt ne peut pas servir à financer l’achat d’un bien immobilier ou d’un terrain à construire.

Il est accessible plus facilement qu’un crédit immobilier, dans la mesure où l’on ne vous demande pas de justifier l’utilisation des fonds. Avec un prêt immobilier, la banque étudie au contraire tout votre dossier, apport personnel compris, et une question revient souvent chez les acheteurs : faut-il vraiment disposer de 10 % d’apport pour acheter un bien immobilier ?

Surtout, son montant est plafonné à 75 000 €. Ce plafond découle de la loi du 1er juillet 2010 portant réforme du crédit à la consommation, dite loi Lagarde, entrée en vigueur en 2011. Pour les contrats conclus à partir du 20 novembre 2026, l’ordonnance du 3 septembre 2025 relative au crédit à la consommation porte ce seuil à 100 000 € et supprime le minimum de 200 €. Ce montant reste limité pour un achat immobilier, d’autant que le prix du logement n’est pas la seule dépense de l’opération.

Pour financer l’achat lui-même, faites jouer la concurrence en sollicitant un courtier qui va vous aider à trouver le crédit immobilier au meilleur taux. Chaque établissement bancaire fixe ses propres conditions, et il est conseillé de comparer le TAEG (taux annuel effectif global) de chaque proposition plutôt que le seul taux d’intérêt.

Quels sont les risques d’un prêt personnel pour financer un achat ?

Outre ce plafond, qui limite considérablement les marges de manœuvre, le prêt personnel présente plusieurs limites face aux prêts bancaires dédiés à l’immobilier :

  • le taux d’intérêt des prêts personnels, et plus généralement des crédits à la consommation, est en pratique plus élevé que celui des crédits immobiliers. Le taux effectif moyen pratiqué au troisième trimestre 2026 atteignait 6,42 % pour les crédits de trésorerie de plus de 6 000 €, contre 4,05 % pour un crédit immobilier à taux fixe de 20 ans et plus. Pour un même capital emprunté, le taux est donc en moyenne nettement plus élevé ;
  • le crédit immobilier s’accompagne d’une assurance emprunteur que la banque peut exiger. Elle prend en charge tout ou partie des échéances en cas de décès, de perte totale et irréversible d’autonomie, d’invalidité ou d’incapacité de travail, et éventuellement de perte d’emploi. Vous pouvez aussi changer d’assureur à tout moment après la signature du prêt, ce qui reste la stratégie (encore) gagnante pour payer moins. Pour un prêt personnel, l’assurance n’est pas imposée par la loi, même si le prêteur peut en faire une condition : vérifiez les garanties prévues avant la souscription ;
  • la banque peut également demander pour un crédit immobilier une garantie, un cautionnement bancaire ou une hypothèque, qui permettra le paiement des mensualités si vous rencontrez des difficultés ;
  • un prêt personnel doit durer plus de 3 mois et la loi ne fixe pas de durée maximale. Mais un montant proche du plafond remboursé sur quelques années se traduit par des mensualités élevées, alors qu’un crédit immobilier s’étale en général jusqu’à 25 ans, ce qui permet d’ajuster les remboursements à votre capacité d’emprunt ;
  • selon le contrat, les mensualités d’un crédit immobilier à taux fixe peuvent être constantes, modulables ou lissées, ce qui aide à faire face à une baisse temporaire de revenus. Avec un prêt personnel, vous pouvez demander un report ou une baisse temporaire des mensualités, mais le prêteur n’est pas obligé d’accepter. Si vos remboursements immobiliers deviennent trop lourds, notre article Votre prêt immobilier vous coûte trop cher ? Voici 5 façons de réduire vos mensualités détaille les leviers possibles.

Un cadre légal plus protecteur pour le crédit immobilier

Les règles de souscription diffèrent aussi. Pour un crédit immobilier, l’offre de prêt mentionne notamment le TAEG, les garanties exigées et l’échéancier de remboursement du capital et des intérêts. La banque doit la maintenir au moins 30 jours, et vous devez respecter un délai de réflexion de 10 jours avant son acceptation, sans qu’aucun versement de fonds intervienne avant. Pour un prêt personnel, l’offre est maintenue 15 jours et vous disposez d’un délai de rétractation de 14 jours après la signature.

Dans les deux cas, la banque doit évaluer votre solvabilité à partir de votre situation financière et consulter le fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers (FICP), qui signale les difficultés de paiement passées.

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Quelles dépenses liées au logement peut-il financer ?

Le prêt personnel ne permet pas de financer l’achat d’un logement, mais il peut vous aider à assurer certaines dépenses liées à un logement.

Il peut notamment financer des travaux de rénovation. Selon l’ANIL, les prêts pour travaux d’amélioration, indépendants de l’acquisition du logement, relèvent du crédit à la consommation en l’absence de garantie, et de la réglementation du crédit immobilier s’ils sont garantis par une hypothèque. Pour l’achat d’un terrain à bâtir, en revanche, le prêt personnel n’est pas la bonne solution. Comme pour la construction d’une maison, ce type de projet relève du financement immobilier et nécessite donc un prêt immobilier.

Quant aux frais associés à l’achat d’un logement, comme les frais de notaire ou les frais d’agence, ils entrent dans le montant total de l’opération que vous financez avec votre apport et votre crédit immobilier, avec le coût de la garantie et les frais de dossier.

Soyez quand même vigilant(e) quant à la multiplication des crédits, car trop de prêts personnels, ou des montants trop élevés, peuvent ensuite bloquer votre demande de crédit immobilier. Avant toute offre de prêt, la banque doit vérifier que votre taux d’endettement, c’est-à-dire la part de l’ensemble de vos mensualités de crédits et d’assurances de crédit dans votre revenu mensuel, ne dépasse pas 35 %. Vos crédits à la consommation en cours réduisent donc d’autant votre capacité d’emprunt.

Quelles solutions pour compléter le financement de votre achat ?

Plutôt qu’un prêt personnel, plusieurs stratégies de financement peuvent se combiner, selon votre profil :

  • l’apport personnel : c’est la part de votre épargne (comptes, livrets, compte épargne logement, plan épargne entreprise) que vous consacrez au projet. Cette épargne personnelle compte aussi dans l’évaluation de votre solvabilité par la banque ;
  • les prêts aidés : le prêt à taux zéro (PTZ) est accordé sous conditions de ressources pour l’achat ou la construction de votre résidence principale, en complément d’un autre prêt immobilier, si vous n’avez pas été propriétaire de votre résidence principale au cours des 2 années précédentes. Le prêt épargne logement est réservé aux titulaires d’un PEL ou d’un CEL ;
  • le prêt Accession d’Action Logement, un prêt complémentaire : d’après l’ANIL, il peut atteindre 30 000 € dans la limite de 40 % du coût de l’opération, à un taux nominal de 1 % au maximum, pour les salariés d’entreprises du secteur privé non agricole d’au moins 10 salariés, sous conditions ;
  • le prêt familial : un proche peut vous prêter une partie de la somme, mais impots.gouv.fr rappelle que les prêts entre particuliers de plus de 5 000 € doivent être déclarés avec le formulaire n° 2062 ;
  • le prêt relais, si vous êtes déjà propriétaire : ce prêt transitoire de courte durée permet d’acheter un nouveau bien avant d’avoir vendu l’ancien. Le prêt personnel, qui ne peut pas financer un achat immobilier, ne peut pas jouer ce rôle.

Sources :

(1) : Service-Public., Crédit à la consommation : prêt personnel

(2) : Service-Public, Je veux obtenir un crédit immobilier

(3) : Banque de France, Taux d’usure 2026-Q4

(4) : Service-Public., Comment obtenir un contrat d’assurance emprunteur pour un crédit immobilier ?

(5) : ANIL, Contrat de crédit immobilier

Avant de déposer votre dossier, faites une simulation avec le calculateur de crédit immobilier disponible sur le site officiel du Service Public pour estimer votre capacité d’emprunt. Vous saurez ainsi quel montant demander pour faciliter l’obtention de votre offre de prêt et concrétiser votre projet immobilier dans de bonnes conditions.

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