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« A Rouen, le prix immobilier a augmenté entre 12 et 15 % en 18 mois »

Le marché immobilier rouennais sort transformé de la crise sanitaire, avec une demande de plus en plus forte et des prix qui ont fortement augmenté en l’espace de quelques mois. Bruno Lacroix, directeur du Cabinet Lintot, à Rouen, dresse les tendances de ce marché actif.

« A Rouen, le prix immobilier a augmenté entre 12 et 15 % en 18 mois »

Quel est l’état du marché immobilier à Rouen ?

Il se porte bien puisque le prix immobilier a pris 12 à 15 % en l’espace de 18 mois, du fait de l’offre qui se fait de plus en plus rare et qui entraîne une augmentation des prix. Cette augmentation dépend bien évidemment des secteurs et des types de biens, mais l’augmentation générale est nette.

La crise sanitaire est-elle en cause dans cette évolution ?

A la campagne c’est certain, comme dans le Pays de Caux, par exemple, car les acquéreurs souhaitent de plus en plus s’éloigner des espaces urbains pour habiter des logements plus grands. On relève donc une véritable réflexion de la part des acquéreurs qui prennent du recul par rapport aux agglomérations pour privilégier une maison avec un terrain. Sur les plateaux Est et Nord, les personnes qui vivaient en appartement ont accepté le principe de vivre en maison alors qu’ils se revendiquaient citadins et on les retrouve sur les pourtours de Rouen. Ils acceptent des petits terrains avec des petites maisons dans les 340 000 à 350 000 €. De plus, les taux d’intérêt encouragent les investissements.

Le profil des acquéreurs a-t-il progressé ?

Nous avons vu arriver quelques acquéreurs provenant des grandes agglomérations, notamment l’Île-de-France, mais il s’agit d’un épiphénomène dans le secteur de Rouen, contrairement à d’autres secteurs normands situés sur le littoral. Le télétravail est pratiquement acquis pour les cadres, la fibre optique s’étend et on relève une modification structurelle du travail qui a un impact sur le marché immobilier de certains secteurs normands.

Bon à savoir

Le prix immobilier moyen à Rouen se situe autour de 2 500 €/m².

Quels secteurs et quels types de biens ont vu leurs prix augmenter ?

Dans l’absolu, les villas et les secteurs de province sont sortis renforcés de la crise sanitaire et notamment les secteurs de campagne, de bord de mer ou ceux qui sont à proximité des agglomérations. Du côté de Rouen, des biens qui coûtaient 210 000 € il y a 18 mois coûtent aujourd’hui 230 000 à 240 000 €.

Les primo-accédants sont-ils dynamiques dans le secteur de Rouen ?

Aujourd’hui, les primo-accédants sont présents mais frustrés lorsqu’il s’agit d’acquérir un appartement en ville, car les prix immobiliers augmentent vite, les biens se raréfient et ces acquéreurs doivent consentir une baisse de surface. En ce qui concerne la construction, on observe une pénurie de plusieurs matières premières qui font flamber les prix et qui ralentissent les projets.

Durant combien de temps cette tendance peut-elle durer d’après vous ?

Il me semble que l’état actuel du marché immobilier, et notamment le marché du secteur rouennais, peut perdurer encore une année. Les élections présidentielles ne semblent pas jouer un rôle particulier, l’après-crise pourrait être favorable à la croissance économique mais cela va prendre quelques mois. Par conséquent, les problématiques d’offre inférieure à la demande risquent de s’accentuer encore un peu.

« Entre le moment de la visite, l’offre et la signature du compromis de vente, on relève un délai de 2 à 3 semaines maximum. »

Bruno Lacroix, directeur du Cabinet Lintot

L’offre diminue du fait d’une demande plus importante ou d’un attentisme des vendeurs ?

Nous avons le sentiment que c’est véritablement la demande qui a nettement augmenté. Mais si l’on compare avec la période de 2006-2007 juste avant la crise des subprimes, elle demeure quand-même moins importante. A cette époque, nous relevions environ 200 appels par mois concernant des acquisitions, lorsque nous en relevons à peine 100 aujourd’hui. En revanche, il est évident que les propriétaires de maisons ne souhaitent pas déménager aujourd’hui et cela accentue la pénurie de maisons à vendre.

La demande d’investissement locatif est-elle forte à Rouen ?

Absolument, l'investissement locatif représente 50 % des demandes au sein de notre agence. Les acquéreurs souhaitent revenir vers l’immobilier car les assurances-vie ont beaucoup baissé en rendement et certains placements sont plus ou moins risqués. Beaucoup de personnes considèrent donc à juste titre que l’immobilier demeure une valeur refuge et préfèrent y placer leur capital.

Bruno Lacroix ©SeLoger
Bruno Lacroix, Directeur du Cabinet Lintot
Cabinet Lintot au 15 rue de la République, 76000 Rouen
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