Crédit d'impôt pour une résidence secondaire : jardinage, travaux et avantages fiscaux
Certaines dépenses engagées pour votre résidence secondaire peuvent ouvrir droit à un crédit d'impôt ou à d'autres avantages fiscaux. Du jardinage réalisé par une entreprise de services à la personne aux travaux d'amélioration énergétique, les dispositifs disponibles sont variés, mais souvent méconnus. En comprenant les règles d'éligibilité et les plafonds applicables, les propriétaires de résidences secondaires peuvent alléger leur imposition et rentabiliser leurs investissements.
Le crédit d'impôt pour les services à la personne : jardinage et entretien
Les travaux d'entretien courant des jardins comprennent la cueillette des fruits et légumes à des fins de consommation personnelle, la taille des haies et des arbres, et le débroussaillage à l'exclusion de certains travaux forestiers. Ces prestations comprennent également l'entretien courant des abords du domicile ainsi que celui des bassins, piscines ou autres pièces d'eau ornementales. L'enlèvement des déchets survenant dans le cadre de la prestation de petit jardinage est inclus dans cette activité.
La taille ou l'élagage sont éligibles au crédit d'impôt si et seulement s'il s'agit de travaux d'entretien courant effectués à hauteur d'homme, ne nécessitant pas le déplacement de l'intervenant dans l'arbre ni du matériel adéquat (cordes, harnais). Les investissements relevant de l'élagage forestier professionnel ou de l'abattage d'arbres ne sont pas couverts par ce dispositif.
Le taux du crédit d'impôt applicable est de 50 % des dépenses engagées, dans la limite d'un plafond annuel de 5 000 € par foyer fiscal pour les activités de petit jardinage (ce plafond s'insère dans le plafond global de 12 000 € pour l'ensemble des services à la personne, avec des majorations possibles selon la situation du foyer).
Ce crédit d'impôt est dit « restituable » : même si vous ne payez pas d'impôt, vous en bénéficiez sous forme de remboursement. Pour en profiter, demandez un devis à l'entreprise et conservez les factures détaillées. Ces investissements dans les services à la personne sont déclarés sur le formulaire 2042 RICI de votre déclaration de revenus.
La notion de résidence du contribuable
Pour être éligibles au crédit d'impôt, les prestations de petit jardinage doivent être réalisées au domicile du contribuable en France. Le domicile représente la résidence principale ou secondaire du contribuable, sans distinction entre propriétaire ou locataire. Le bien doit être à usage privatif du contribuable et situé en France.
Une résidence temporaire occupée une partie de l'année par le contribuable et utilisée une autre partie de l'année pour de la location saisonnière de courte durée ne peut pas être considérée comme un lieu de dispensation de petits travaux de jardinage ouvrant droit au crédit d'impôt. Dans ce cas, l'administration fiscale considère que le bien n'est pas le domicile exclusif du contribuable.
Dans les copropriétés, les parties communes ne sont pas considérées comme faisant partie intégrante du domicile du contribuable. Les travaux réalisés dans les parties communes ne constituent pas des services à la personne et n'ouvrent pas droit aux avantages fiscaux. Le jardin privatif d'un lot de copropriété reste en revanche éligible.
Les travaux permettant d'obtenir un crédit d'impôt pour une résidence secondaire
Les propriétaires de résidences secondaires qui souhaitent engager des travaux d'amélioration énergétique (isolation, installation de panneaux solaires, pompe à chaleur) doivent avoir conscience d'un point important : la principale aide gouvernementale, MaPrimeRénov', est réservée à la résidence principale et n'est pas accessible pour une résidence secondaire. Les investissements en rénovation énergétique de la résidence secondaire ne peuvent donc pas bénéficier de ce dispositif fiscal.
En revanche, plusieurs solutions fiscales avantageuses existent pour les propriétaires de résidences secondaires qui réalisent des travaux :
- TVA à taux réduit (5,5 %) sur les investissements en amélioration énergétique : isolation thermique des murs, des toitures, remplacement du système de chauffage, installation de panneaux solaires thermiques ou photovoltaïques. La TVA à 5,5 % s'applique dès lors que les travaux sont réalisés par une entreprise professionnelle sur un logement achevé depuis plus de 2 ans, qu'il s'agisse d'une résidence principale ou secondaire. C'est une déduction significative sur le coût total des investissements réalisés.
- TVA à 10 % sur les travaux de rénovation courants : peinture, plomberie, électricité, menuiseries. Cette aide s'applique à toute résidence principale ou secondaire de plus de 2 ans, et représente une aide concrète sur les investissements dans l'entretien du bien immobilier.
- Déduction des travaux si le bien est mis en location : si votre résidence secondaire génère des revenus locatifs, les investissements en travaux (entretien, réparations, amélioration) sont déductibles des revenus fonciers au régime réel d'imposition. Cette configuration est particulièrement intéressante pour les propriétaires de résidences secondaires qui louent leur bien une partie de l'année.
Pour chaque investissement, demandez un devis précis à votre entreprise et conservez les factures : ces pièces justificatives seront indispensables en cas de contrôle de l'administration fiscale. La fonction de ces documents est centrale pour justifier la nature et le montant des travaux réalisés.
La taxe d'habitation et les autres impôts locaux sur la résidence secondaire
Contrairement à la résidence principale, désormais totalement exonérée de taxe d'habitation depuis 2023, les résidences secondaires restent imposables. La valeur locative cadastrale du bien (calculée selon des critères définis par l'INSEE) sert de base au calcul de la taxe. Dans certaines zones considérées comme tendues, les communes peuvent appliquer une majoration pouvant atteindre 60 % de la taxe d'habitation de base, soit une surtaxe significative pour les propriétaires de résidences secondaires en zone littorale ou dans les grandes villes.
La taxe foncière est également due chaque année pour ces biens. Pour les constructions neuves, une exonération temporaire peut s'appliquer pendant 2 ans après l'achèvement de la construction (exonération de base communale). Elle est soumise à une déclaration auprès de l'administration fiscale dans les 90 jours suivant la fin des travaux. Ces impôts locaux représentent une charge récurrente à intégrer dans le calcul de rentabilité de votre résidence secondaire.
Les autres impôts locaux peuvent inclure la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM), la taxe de séjour si le bien est mis en location, et diverses participations communales. Pour les seniors propriétaires d’une résidence secondaire, certaines exonérations partielles peuvent s'appliquer sous conditions de ressources pour la taxe foncière.
Plus-value et imposition lors de la cession d'une résidence secondaire
La cession d'une résidence secondaire est soumise à l'imposition de la plus-value immobilière, contrairement à la résidence principale qui en est exonérée. Le calcul de la plus-value s'effectue en comparant le prix de cession au prix d'acquisition, après application d'abattements progressifs pour durée de détention.
Le régime des abattements fonctionne de la façon suivante : après 22 ans de détention du bien, la plus-value est totalement exonérée d'impôt sur le revenu (taux de 19 % ou 19% + contribution exceptionnelle). Pour les prélèvements sociaux (17,2 %), l'exonération totale n'intervient qu'après 30 ans. Entre ces deux bornes, un abattement forfaitaire progressif s'applique chaque année. Ces abattements représentent donc une exonération graduelle qui rend les investissements immobiliers de long terme particulièrement avantageux pour les propriétaires de résidences secondaires.
À noter : si vous réalisez des investissements importants dans des travaux de rénovation, ceux-ci peuvent être ajoutés au prix d'acquisition pour le calcul de la plus-value, sous réserve de pouvoir en justifier le coût par des factures. Cette disposition réduira d'autant la plus-value imposable au moment de la revente du bien immobilier.
Résidence secondaire et revenus locatifs
Si vous décidez de mettre votre résidence secondaire en location, notamment saisonnière, vous générez des revenus locatifs imposables. Deux régimes fiscaux s'offrent à vous selon la nature de la location :
- Location meublée (régime BIC) : les revenus de la location meublée sont imposés dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux. Le régime micro-BIC prévoit un abattement forfaitaire de 50 % sur les revenus locatifs, sans justificatif. Le régime réel permet de déduire les charges réelles, y compris les amortissements du bien et du mobilier, ce qui peut conduire à un revenu imposable proche de zéro. Ce dispositif est très prisé par les investisseurs qui ont recours au statut LMNP (Loueur en Meublé Non Professionnel).
- Location nue (régime foncier) : le régime micro-foncier offre un abattement de 30 % sur les revenus fonciers bruts (dans la limite de 15 000 € de revenus annuels). Au-delà, ou sur option, le régime réel d'imposition permet de déduire les charges réelles, les travaux et les intérêts d'emprunt. Les amortissements ne sont pas déductibles au régime foncier, contrairement au régime BIC.
Pour les propriétaires de résidences secondaires dont le bien a été financé par un prêt immobilier, les intérêts d'emprunt constituent une charge déductible des revenus fonciers au régime réel. Certains dispositifs spécifiques, comme le prêt viager hypothécaire, peuvent aussi permettre aux seniors propriétaires de mobiliser le capital immobilier de leur résidence secondaire sans en perdre la jouissance.
Références juridiques
- Article 199 sexdecies du Code général des impôts (crédit d'impôt services à la personne)
- Articles 278-0 bis et 279-0 bis du CGI (TVA réduite sur travaux)
- BOI-IR-RICI-150-10
- BOI-IR-RICI-150-20
- Circulaire du 11 avril 2019 NOR : ECOI1907576C
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