« Dans le secteur de Bois-Colombes, les acquéreurs ont repris le pouvoir »

28 jan 2022
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Le marché immobilier de Bois-Colombes a ralenti depuis quelque temps, après avoir subi les effets de l’exode urbain post confinement. Yan Aubertin, directeur de l’agence Natiive à Bois-Colombes, observe que les acquéreurs sont moins nombreux, moins pressés d’acheter et plus exigeants.

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A Bois-Colombes, les acquéreurs sont moins nombreux qu'avant la crise sanitaire. © Google Street View
A Bois-Colombes, les acquéreurs sont moins nombreux qu'avant la crise sanitaire. © Google Street View

Comment se porte le marché immobilier du secteur de Bois-Colombes ?

Cela dépend, car jusqu’en 2019, le marché immobilier de Bois-Colombes était très proche du marché immobilier parisien, dans le sens où il était tendu avec beaucoup d’acquéreurs et pas suffisamment d’offres immobilières pour répondre à la demande. Les délais de vente étaient très courts et les dossiers très rapides. Le nerf de la guerre à ce moment-là, c’était la prise de mandats, mais à l’instant T, le marché immobilier s’est tendu dans le sens inverse, dans la mesure où les acquéreurs sont moins nombreux et beaucoup moins pressés de conclure un achat immobilier. Ils sont plus exigeants, plus regardants, ils font davantage de contre-visites et les délais de vente sont donc plus longs.

Comment vous expliquez ce phénomène ?

Nous n’avons pas de certitude, mais nous avons observé dans les statistiques nationales récentes que le marché immobilier n’a pas été homogène et le département des Hauts-de-Seine n’a pas profité du même élan que d’autres secteurs plus éloignés de la capitale. Les citadins ont été nombreux à quitter les grandes métropoles et la proximité avec Paris peut expliquer que les acquéreurs soient plus réticents à venir à Bois-Colombes.

Les maisons sont-elles recherchées malgré tout ?

Les maisons subissent la même tendance et c’est d’ailleurs la première fois que nous perdons des mandats de maison. Auparavant, les maisons se vendaient en claquant des doigts. Qu’elles soient en bonne ou en mauvais état, elles se vendaient même off-market la plupart du temps. Actuellement, les maisons se vendent bien moins facilement. Les biens partent moins vite, il y en a davantage sur le marché, cela donne le sentiment aux acquéreurs qu’ils ont plus de choix et ils se précipitent moins.

« Les acquéreurs négocient de plus en plus de conditions dans le compromis, ils ont besoin d’être rassurés »

Quel est le profil des acquéreurs à Bois-Colombes ?

Bois-Colombes est une ville assez familiale, nous avons donc essentiellement affaire à des couples avec enfants, en particulier en ce qui concerne les maisons. Il faut savoir que le parc immobilier se compose d’un grand nombre de maisons car la municipalité a toujours tenu à ce que la ville reste une ville à taille humaine.

L’offre importante de maisons ne suffit donc pas à attirer les acquéreurs malgré la proximité avec Paris ?

Pas nécessairement car même si de plus en plus de citadins recherchent effectivement plus d’espace et de jardin, ce sont surtout les villes situées à moins de 2 heures de Paris qui ont vu un grand nombre de Parisiens émigrer, comme Rouen, Reims, Orléans. Les Parisiens, qui souhaitaient partir, ont voulu quitter véritablement l’Île-de-France et nous n’avons donc pas reçu une vague de demandes.

Quel est le ticket d’entrée pour une maison à Bois-Colombes ?

Le ticket d’entrée pour une maison en bon état comprenant 4 chambres et un bout de jardin d’une cinquantaine ou d’une centaine de m² débute à plus d’1 million d’euros. Pour la moitié de ce prix, les acquéreurs qui partent en province obtiennent une maison dont les critères sont similaires et profitent d’un jardin de 500 à 800 m².

Le prix immobilier à Bois-Colombes est de 6 970 €/m², environ.

Y a-t-il des quartiers ou des secteurs plus prisés que d’autres ?

Bois-Colombes n'abrite pas de quartier populaire, donc tous les quartiers sont agréables et recherchés. Les critères de sélection vont surtout tourner autour de l’accessibilité, la proximité avec les commerces et les transports. A ce titre, les quartiers les plus demandés sont ceux proches de la gare de Bois-Colombes et celui des Bruyères qui est proche de la gare de Bécon. En revanche à Asnières, par exemple, les secteurs de la mairie et de la gare sont prisés, mais les secteurs plus populaires ou ceux qui sont moins vivants et commerçants constituent des choix de report pour les acquéreurs dont le budget est limité.

Y a-t-il une demande de la part d’investisseurs à Bois-Colombes ?

Oui, nous recevons des investisseurs particuliers qui recherchent des petites surfaces, mais également de gros investisseurs qui achètent des appartements à découper pour les louer en colocation. En revanche, de nombreux appartements ont été requalifiés en passoire énergétique alors qu’ils n’auraient pas dû l’être depuis les nouvelles réglementations. Cela pose un problème car les studios et T2 se vendent moins bien et les investisseurs sont parfois frileux à l’idée de réaliser des travaux lourds pour modifier l’étiquette énergétique du bien.

Quelles sont les perspectives d’évolution pour le marché immobilier de Bois-Colombes ?

La ville est concernée par le projet du Grand Paris et certaines personnes commencent même déjà à spéculer sur une éventuelle montée des prix. Nous savons qu’elles n’ont pas tort, mais nous gardons de la distance quant aux prévisions car le projet ne verra pas le jour avant une dizaine d’années et en attendant, la ville va affronter des travaux importants.

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silhouette homme pour ITV ©Logic-immo
Yan Aubertin
Agence immobilière Natiive, 32 rue Raspail, 92270 Bois-Colombes
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