Encadrement des loyers à Paris : voici combien les locataires ont vraiment économisé
Six ans après son entrée en vigueur à Paris, l'encadrement des loyers fait l'objet d'une nouvelle évaluation publiée en avril 2026 par l'Atelier parisien d'urbanisme, en partenariat avec SeLoger. Verdict ? Le dispositif fonctionne, même si les plafonds sont loin d'être respectés par tous. Analyse.
Ce que l'encadrement a vraiment changé
Pas de miracle ! Malgré l’encadrement des loyers, le prix des locations à Paris a continué d’augmenter ces dernières années. En moyenne, les loyers parisiens ont atteint 26,30 € par m² en 2025, en hausse de +2,6 % en un an.
Pourtant, le dispositif fonctionne. Selon une étude de l’Atelier parisien d'urbanisme (Apur) réalisée en partenariat avec SeLoger, le CESAER et le LéP, les loyers seraient aujourd’hui plus élevés de 5 %, s’il n’y avait pas eu l’encadrement des loyers.
Pour rappel, cette expérimentation, en vigueur à Paris depuis juillet 2019, fixe un loyer maximum que les propriétaires ne peuvent pas dépasser au moment de la signature ou du renouvellement d'un bail, sauf sous certaines conditions.
Les petits logements, les grands gagnants
Comment est-ce que cela se traduit concrètement ? Entre juillet 2024 et juin 2025, le loyer moyen s’élevait à 1 632 € par mois dans la capitale. Sans l’encadrement, il aurait atteint 1 717 €, soit une économie de 85 € par mois pour les locataires parisiens.
C’est sur les petits logements que le dispositif a eu le plus d’impact. Pour les logements de moins de 18 m², l'encadrement a freiné la hausse de -12,4 %, soit en moyenne 92 € d’économies par mois pour les locataires.
En revanche, plus le logement est grand, moins l’encadrement a d’effet sur les loyers. Pour un 60 à 80 m², l'économie tombe par exemple à 81 € par mois (-3,9 %). Au-delà de 100 m², elle devient négligeable.
Près d'une annonce sur deux dépasse le plafond
Encore faut-il que les propriétaires respectent les plafonds… Entre juillet 2024 et juin 2025, 48,6 % des annonces publiées sur SeLoger dépassaient le plafond légal, soit le niveau le plus élevé depuis le lancement du dispositif.
Les meublés sont les plus concernés : 54,7 % dépassent le plafond légal, contre 38,6 % pour les non-meublés. Les très petites surfaces ne sont pas en reste : 68,5 % des logements de moins de 18 m² affichent un loyer au-dessus du plafond.
Reste que le manque à gagner est réel. Si tous les propriétaires jouaient le jeu, l'effet du dispositif serait deux fois plus important : autour de -10 % au lieu de -5 %. Autrement dit, les locataires parisiens pourraient économiser environ 170 € par mois.
L'encadrement a-t-il fait fuir les propriétaires ?
C'est l'argument favori des opposants au dispositif. En limitant les revenus locatifs, l'encadrement pousserait les propriétaires à vendre ou à basculer vers la location saisonnière, réduisant mécaniquement l'offre de biens disponibles.
Un scénario que les chiffres ne confirment pas : sur toute la période 2018-2025, l'encadrement des loyers n'a pas fait baisser durablement le nombre de logements disponibles à la location à Paris, d’après l’étude.
Et après 2026 ?
Le dispositif expire en novembre 2026, mais une proposition de loi pour le pérenniser a été adoptée en première lecture par l'Assemblée nationale en décembre 2025. Le Sénat, en revanche, doit encore se prononcer.
En attendant, l'encadrement s'applique déjà dans 71 villes françaises. Son effet de -5 % sur la hausse des loyers est quasiment identique à Paris, Lille, Lyon, Villeurbanne, Bordeaux, Montpellier et Grenoble.
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