Publié de justesse avant la censure du gouvernement Barnier, un décret réduit d’environ 30 % l’aide à l’acquisition de chauffages au bois. L’État cherche ainsi à faire des économies, au détriment des ménages les plus pauvres, qui se voient fortement pénalisés par cette nouvelle disposition.
Les équipements concernés par la réduction de 30 %
La motion de censure votée à l’Assemblée nationale a mis fin aux discussions sur le projet de loi de finances (PLF) pour 2025. MaPrimeRénov’ aurait donc dû être prolongée sur la base du budget 2024. Mais deux textes entrés en vigueur in extremis avant la démission du gouvernement sont venus modifier le fonctionnement de cette aide d’État.
Parmi les mesures adoptées, l’une fait grincer des dents des propriétaires : la diminution d’environ 30 % des aides à l’installation des appareils de chauffage au bois. Tous sont concernés : poêles, inserts et chaudières, qu’ils fonctionnent aux granulés ou avec des bûches. Toutefois, le texte s’appliquera uniquement aux demandes d’aides déposées à compter du 1er janvier 2025.Une première, ce coup de rabot dans les aides au chauffage au bois ? Non, elles avaient déjà fondu de 30 % au 1er avril 2024, conformément à un texte défendu par Christophe Béchu, alors ministre de la Transition écologique.
30 % en moins pour alléger le budget de l’État
Comme le révèle l’ADEME (l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie), 7.5 millions de Français se chauffent au bois, ce qui fait de cette ressource la première énergie renouvelable consommée sur le territoire.
Toujours selon l’Agence, environ 78 000 poêles à bois ont été financés par MaPrimeRénov’ au troisième trimestre 2024, contre 51 000 pompes à chaleur.
Pourquoi un tel engouement pour le chauffage au bois ? « Le bois, qui est l’énergie de chauffage la moins chère, a été perçu comme le meilleur moyen d’abaisser les factures d’électricité », explique Audrey Zermati, porte-parole d’Effy, entreprise de rénovation énergétique. Résultat : une note salée pour l’État, qui entend maîtriser ses dépenses avec cette réduction de 30 %.
Les premières victimes de ce tour de vis budgétaire
Le montant de l’aide MaPrimeRénov’ dépend des ressources des ménages, classés en 4 catégories :
- Très modestes ;
- Modestes ;
- Intermédiaires ;
- Revenus supérieurs.
Ce sont les ménages très modestes et modestes qui subissent le plus lourdement le rabais. Par exemple, pour l’installation d’un poêle à granulés, le pourcentage de réduction s’élève à :
- 33.33 % pour les ménages modestes ;
- 30.56 % pour les ménages très modestes ;
- Seulement 25 % pour les ménages intermédiaires.
Il existe toutefois une piste à explorer pour augmenter le montant de l’aide : les certificats d’économie d’énergie (CEE). Les fournisseurs d’énergie peuvent compléter MaPrimeRénov’ pour les installations de chauffage au bois. Par exemple, Effy propose un CEE de 4 450 euros en plus de l’aide, pour financer une chaudière à granulés.
Autre possibilité : réaliser des travaux de rénovation énergétique d’ampleur, dans le cadre de MaPrimeRénov’ accompagné. Il suffira d’intégrer l’installation du chauffage au bois dans ces travaux pour profiter d’une aide plus généreuse.
Un rabais sur la prise en charge a été acté, mais seulement pour les foyers aux revenus supérieurs. Les propriétaires très modestes d’une passoire thermique pourront ainsi profiter d’une aide de 90% du montant hors taxes des travaux.
À noter que tant que le budget 2025 de l’État n’est pas voté, le dispositif peut encore évoluer. En témoigne le réajustement de MaPrimeRénov en mars 2024, quelques mois après l’adoption du PLF !
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