Calcul de la superficie d’un logement : comment mesurer sans vous tromper ?

Blandine Rochelle
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Vendre un appartement, louer une maison ou préparer des travaux suppose de connaître la superficie exacte de votre logement. Or loi Carrez, loi Boutin et règles d’urbanisme ne mesurent pas la même chose. Voici la méthode de calcul, les espaces à exclure et les recours en cas d’erreur.

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Certains types de calcul de la superficie d'un logement excluent des surfaces. © alvarez - Getty images
Certains types de calcul de la superficie d'un logement excluent certaines surfaces. © alvarez - Getty images
Sommaire
Bref aperçu
  • Pour calculer la superficie, multipliez longueur et largeur de chaque pièce, puis additionnez les surfaces.
  • Pour une pièce atypique, divisez-la en formes simples et additionnez leurs surfaces ; les zones sous 1,80 m sont exclues.
  • Plusieurs superficies existent : Carrez, Boutin, pondérée, utile et surface de plancher, selon l'usage immobilier.
  • La surface habitable retient les pièces intégrantes du logement, mais exclut les annexes et les espaces sous 1,80 m.
  • En cas d'erreur, la vente permet un recours, et la location une réduction si l'écart dépasse 5 %.

Comment calculer la superficie de son logement en m² ?

Pour calculer la superficie de votre logement en mètres carrés (m²), la méthode de base consiste à multiplier la longueur par la largeur de chaque pièce, puis à additionner les superficies de toutes les pièces. Mesurez d’un mur à l’autre, avec des unités cohérentes.

À titre d’exemple, si une chambre mesure 4 m de longueur sur 3 m de largeur, sa superficie sera de 4 x 3, soit 12 m².

En pratique, la méthodologie est la même pour une maison ou un appartement : seule la liste des espaces à retenir change selon votre situation.

Comment mesurer une pièce de forme atypique ?

Pour une pièce de forme atypique, avec des angles non droits ou des alcôves, divisez la pièce en sections géométriques simples (rectangles, carrés, triangles), calculez la superficie de chacune, puis additionnez-les. Un mètre ruban, un niveau à bulle et du papier millimétré suffisent pour des mesures précises.

Attention aux pièces mansardées : pour la surface Carrez comme pour la surface habitable, les zones de moins de 1,80 m sous plafond ne sont pas comptées.

Notez que la surface d’un triangle s’obtient en multipliant la base par la hauteur, puis en divisant le résultat par 2.

Quels sont les différents types de superficies ?

Dans le secteur de l’immobilier, on relève plusieurs types de superficies, chacun ayant sa propre utilité. Selon vos démarches, la différence peut être importante pour un même logement. Voici les principales :

  • La surface Loi Carrez concerne les lots de copropriété, comme un appartement. Elle correspond aux planchers d’un local clos et couvert, après déduction des murs, cloisons, marches et cages d’escalier, gaines et embrasures de portes et fenêtres. Ce dispositif ne s’applique pas aux caves, garages et emplacements de stationnement.
  • La surface Loi Boutin correspond à la surface habitable. Depuis la loi du 25 mars 2009, dite loi Boutin, le bail, document signé entre le propriétaire et le locataire, doit l’indiquer. Elle inclut les combles aménagés, mais exclut notamment caves, garages, terrasses, loggias, balcons et vérandas.
  • La surface pondérée sert surtout à estimer la valeur d’un logement. Les espaces non habitables y comptent pour une fraction de leur superficie. Il n’existe aucun barème légal, et les professionnels adaptent ces coefficients au bien et au marché local.
  • La surface utile se calcule ainsi : surface habitable + 50 % de la surface des annexes, comme le garage ou la cave. Elle retient chaque annexe figurant dans un arrêté du ministre chargé du logement.
  • La surface de plancher additionne les surfaces closes et couvertes de plus de 1,80 m sous plafond. Elle détermine l’autorisation d’urbanisme à demander à votre commune pour des travaux.

Découvrez notre simulateur de calcul de surface.

Quelles pièces prendre en compte dans la surface habitable ?

Si vous souhaitez calculer la superficie de votre logement pour obtenir la surface habitable ou la surface Loi Carrez, vous devez prendre en compte uniquement les pièces qui font partie intégrante du logement, comme l’entrée, le séjour, la cuisine, les chambres, la salle de bain, les WC, la buanderie, le dressing.

Ce mode de calcul exclut les espaces dont la hauteur est inférieure à 1,80 m, comme des combles non aménagés ou un grenier, ainsi que plusieurs annexes : une réserve, une remise, certaines vérandas, la terrasse, le balcon, la cave, le garage et le parking.

Sachez qu’une pièce de moins de 9 m² n’est pas comptabilisée dans le nombre de pièces de vie. Elle compte en revanche dans la surface de votre logement.

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Que se passe-t-il en cas d’erreur de surface ?

Les recours en vigueur diffèrent en vente et en location. En vente, la superficie Carrez doit être mentionnée dans la promesse et l’acte de vente. En cas de non-respect, la nullité de l’acte peut être invoquée dans le mois suivant l’acte authentique. Si la surface réelle est inférieure de plus d’un vingtième (5 %) à celle de l’acte, l’acquéreur obtient une baisse du prix proportionnelle en agissant dans l’année suivant la date de l’acte authentique.

Cette surface figure parmi les diagnostics remis à l’acquéreur avec la promesse de vente. Si vous achetez un bien en copropriété, le mesurage en loi Carrez reste valable sans limite de durée tant qu’aucuns travaux n’ont modifié la superficie.

En location, si la surface réelle est inférieure de plus de 5 % à celle du bail, le locataire adresse sa demande de baisse de loyer au propriétaire bailleur par lettre recommandée, puis, sans réponse ou accord sous 2 mois, peut saisir le juge dans les 4 mois. Si le bail omet la surface loi Boutin, il a un mois après la signature pour mettre le bailleur en demeure de l’ajouter, puis 3 mois à compter de celle-ci pour saisir le juge.

Sources :

(1) : Service-Public, Surface de plancher, emprise au sol et surface taxable d’une construction : quelles sont les règles de calcul ?

(2) : Service-Public, Vente d’un logement en copropriété

(3) : Service-Public, Rédaction du bail d’habitation (contrat de location)

Références juridiques

  • Article 4-1 du décret du 17 mars 1967
  • Article 46 de la loi du 10 juillet 1965
  • Article R156-1 du Code de la construction et de l’habitation
  • Article D353-16 du Code de la construction et de l’habitation pour les logements conventionnés
  • Article R111-22 du Code de l’urbanisme
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