Compromis de vente arrivé à échéance : comment obtenir une prolongation ?

Vincent Cuzon
mis à jour le
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La signature d’un compromis de vente engage l’acheteur et le vendeur à conclure la transaction immobilière dans un délai précis. Mais que se passe-t-il lorsque ce délai touche à sa fin sans que toutes les conditions soient réunies ? Bonne nouvelle : dans la plupart des cas, une prolongation de compromis de vente reste possible. Voici comment fonctionne cette prorogation, quelles démarches elle suppose et quelles solutions existent en cas de refus.

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Peut-on prolonger la durée de validité d’un compromis de vente ?
Comment l'acheteur peut-il prolonger la durée du compromis de vente ? © kate_sept2004
Sommaire

Quelle est la durée de validité d’un compromis de vente d’une maison ?

Le compromis de vente est un avant-contrat par lequel le vendeur et l’acheteur s’engagent à réaliser la transaction immobilière. Il ne doit pas être confondu avec la promesse unilatérale de vente, un acte différent qui n’engage que le vendeur. Le compromis, lui, a une durée de validité, durant laquelle les deux parties sont tenues de respecter leurs obligations respectives.

La durée de validité du compromis de vente permet de connaître la date maximale à laquelle sera signé l’acte de vente définitif. La date butoir, décidée conjointement par l’acheteur et le vendeur, est inscrite dans ce document. Elle doit impérativement prévoir un délai suffisant pour que toutes les clauses suspensives soient levées : obtention du crédit auprès de la banque, mainlevée d’une éventuelle hypothèque sur le bien vendu, absence de servitude, ou encore remise des diagnostics immobiliers obligatoires.

Généralement, la durée maximale de validité du compromis de vente est comprise entre 3 et 4 mois. À la date prévue, si toutes les conditions sont réunies, le notaire convoque les deux parties pour la signature de l’acte de vente définitif. S’il constate que rien ne s’oppose à la vente et que vendeur et acheteur sont d’accord,  la signature peut même intervenir avant l’échéance fixée.

Prolonger la durée de validité d’un compromis de vente

L’approche de la date butoir peut être source d’inquiétude lorsque toutes les conditions ne sont pas encore réunies. En pratique, il est souvent possible d’éviter que le contrat ne devienne caduc et que le bien ne soit remis sur le marché. En cas d’accord mutuel entre acheteur et vendeur, une prolongation (ou prorogation du délai, pour reprendre le terme juridique) est envisageable. Elle prend la forme d’un avenant au compromis de vente.

La rédaction de cet avenant revient au notaire, qui l’établit et le fait signer par les deux parties. Ce document permet d’obtenir une extension de la date de signature de l’acte authentique, généralement de quelques semaines à quelques mois. Son acceptation par les deux parties doit être formalisée avant l’échéance initiale : passé ce dépassement de délai sans accord, le compromis perd sa validité.

Les motifs de prolongation les plus fréquents sont les suivants :

  • le délai initial s’est avéré trop court pour la levée des clauses suspensives (obtention du prêt, mainlevée d’une hypothèque, vente du précédent logement de l’acheteur) ;
  • des retards administratifs sont survenus, par exemple lorsque la mairie n’a pas encore instruit une demande de permis de construire ou de certificat d’urbanisme ;
  • ou encore un simple retard dans l’envoi du mandat de vente par l’agence immobilière en charge du bien, empêchant de calculer les frais qui s’y rattachent.

Le notaire peut également décider de reporter la signature de l’acte de vente si le délai prévu ne permet pas l’exécution complète des clauses suspensives. Dans tous les cas, la demande de prolongation doit s’accompagner d’une justification claire du motif invoqué. Précisons enfin que si le compromis de vente peut normalement être signé entre particuliers, il doit obligatoirement l’être devant un notaire si sa durée de validité dépasse les 18 mois.

Bon à savoir : un report possible de l’acte de vente

Si la durée de validité du compromis de vente ne permet pas de réaliser l’ensemble des clauses suspensives, le notaire peut choisir de reporter la signature de l’acte authentique.

Que se passe-t-il en cas de refus de prolongation ?

Il arrive qu’une des parties refuse de signer l’avenant de prolongation, ce qui entraîne la caducité du compromis de vente à la date initialement prévue, sauf si un motif légitime justifie un délai supplémentaire. La question qui se pose alors est celle du sort des sommes déjà versées.

Le notaire agit comme séquestre de l’indemnité d’immobilisation versée par l’acheteur au moment de la signature, généralement équivalente à un pourcentage du prix de vente. Si le compromis devient caduc en raison de la non-réalisation d’une clause suspensive, cet acompte est intégralement restitué à l’acheteur, sans pénalité. En revanche, en cas de renonciation de l’acheteur sans cause légitime après l’expiration du délai de rétractation, le vendeur peut, selon les termes du contrat, conserver cette somme au titre d’une indemnisation.

L’existence d’un désaccord sur les motifs du refus peut aussi conduire les parties devant un avocat spécialisé en droit immobilier, notamment lorsque la situation exige un arbitrage sur la réalité d’une clause suspensive ou sur la bonne foi de l’une des parties.

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Le compromis de vente peut-il être annulé avant la date butoir ?

La durée de validité du compromis de vente peut être prolongée par l’acheteur et le vendeur, mais aussi être interrompue avant la date butoir fixée lors de la signature du contrat, et ce dans plusieurs cas.

L’acheteur peut d’abord décider d’interrompre le processus d’achat durant le délai de rétractation de 10 jours dont il dispose après la signature du compromis de vente. Cette étape, prévue par la loi, ne nécessite aucune justification particulière de sa part. Selon le guide pratique de l’ANIL (Agence nationale pour l’information sur le logement) consacré aux avant-contrats immobiliers, ce délai s’applique à tout acheteur non professionnel, sans exception. Dans ce cas, le contrat sera caduc. Le compromis de vente peut également être annulé avant la fin du délai maximal si l’une des clauses suspensives (obtention d’un prêt bancaire, vente du logement précédent de l’acheteur, clause de préemption…) n’est pas validée dans les temps impartis, un dépassement qui met fin à l’accord sans recours possible.

Que l’acheteur se rétracte pendant le délai légal de 10 jours ou que le compromis soit annulé en raison de la non-réalisation d’une clause suspensive, les sommes déjà versées par l’acquéreur lui seront restituées, sans pénalités ni frais d’aucune sorte.

Peut-on raccourcir la durée de validité d’un compromis de vente ?

À l’inverse d’une prolongation, les deux parties peuvent aussi convenir de raccourcir la durée de validité du compromis de vente, par exemple lorsque toutes les clauses suspensives sont levées plus rapidement que prévu. Ce raccourcissement du calendrier initial passe, comme pour une prolongation, par un avenant signé devant un notaire. Dans la pratique, ce cas de figure reste bien plus rare qu’une demande de délai supplémentaire : acheteurs et vendeurs ont plus souvent besoin de temps que l’inverse.

FAQ : la prolongation du compromis de vente en question

Que se passe-t-il en cas de dépassement de la date butoir ?

En cas de dépassement de la date butoir sans avenant signé, le compromis devient caduc et les deux parties sont libérées de leurs engagements. Le bien peut alors être remis en vente.

Quelles solutions en cas de désaccord persistant entre les parties ?

Si le désaccord porte sur la réalité d’un motif légitime, les parties peuvent solliciter un avocat spécialisé en droit immobilier ou se tourner vers un médiateur. Le notaire, de son côté, joue déjà un rôle de conseil impartial tout au long de la transaction.

Une prolongation trop longue pose-t-elle problème ?

Rien n’interdit d’enchaîner plusieurs avenants successifs. Mais au-delà de 18 mois de durée totale, la signature devant un notaire devient obligatoire, quelle que soit la situation des parties.

Qui décide en dernier ressort d’accorder une prolongation ?

La décision appartient exclusivement à l’acheteur et au vendeur. Le notaire ne peut pas imposer une prolongation à l’une des parties : il se limite à rédiger l’avenant lorsque les deux camps sont d’accord, ou à reporter la signature si les clauses suspensives ne sont pas encore levées.

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