Vous envisagez d’acquérir un nouveau logement, mais avez besoin de vendre au préalable votre résidence actuelle pour financer cette opération ? SeLoger vous éclaire sur la clause spécifique à insérer dans le compromis de vente pour sécuriser votre projet.
- Clause suspensive de vente : permet à l’acheteur de conditionner son nouvel achat à la vente de son logement, selon un prix et un délai définis.
- Conditions suspensives : événement futur et incertain (ex. vente du bien, obtention d’un prêt) conditionnant la réalisation définitive de la vente.
- Validité : la condition doit reposer sur des critères objectifs, pas sur la seule volonté de l’acheteur.
- Échec de la vente : si les conditions prévues ne sont pas remplies dans les délais ; rédaction à sécuriser avec un notaire.
Prévoir une clause suspensive de vente dans le compromis
Lors de la signature d'un compromis de vente, les parties peuvent convenir d'insérer une condition suspensive liée à la vente d'un bien immobilier détenu par l'acquéreur. Selon les situations, l'acquéreur peut déjà avoir signé un compromis de vente pour son propre bien ou être encore en phase de commercialisation.
Cette clause permet à l'acheteur de ne devenir définitivement engagé que si son propre logement est vendu dans les conditions prévues. Elle est particulièrement utilisée lorsque le prix de vente du premier bien constitue une partie essentielle du financement de la nouvelle acquisition. Pour être efficace, la clause doit être rédigée avec précision. Elle peut notamment prévoir :
- le bien concerné par la vente ;
- le prix minimum attendu ;
- la date limite à laquelle la vente devra être réalisée ;
- les modalités permettant de justifier les démarches entreprises par l'acquéreur pour vendre son logement.
La condition suspensive de vente permet à l'acquéreur de sécuriser son projet, en lui évitant de devoir financer simultanément deux biens.
Qu'est-ce qu'une condition suspensive ?
Une condition suspensive est une clause qui subordonne la réalisation définitive d'un contrat à la survenance d'un événement futur et incertain. Dans le domaine immobilier, les conditions suspensives les plus fréquentes concernent notamment l'obtention d'un prêt immobilier, l'obtention d'un permis de construire ou d'une autorisation administrative ou la vente préalable d'un bien appartenant à l'acquéreur.
Tant que l'événement prévu ne s'est pas réalisé, la vente n'est pas définitivement formée. Si la condition suspensive n’est pas réalisée dans le délai prévu, le compromis devient caduc sans que l'acquéreur ou le vendeur ne soit tenu d'exécuter la vente, sauf disposition particulière.
Une condition ne doit pas dépendre de la seule volonté d'une partie
Pour être valable, une condition suspensive ne doit pas être dite « potestative », c’est-à-dire qu’elle ne doit pas dépendre uniquement de la volonté d’une seule partie. Ainsi, un acquéreur ne peut pas simplement prévoir qu'il achètera le bien s'il décide lui-même de vendre son logement.
La clause doit reposer sur des critères objectifs et vérifiables. C'est pourquoi il est recommandé de définir avec précision les conditions de la vente envisagée, notamment le délai de réalisation et, lorsque cela est pertinent, un prix minimal de cession.
Certains acquéreurs choisissent de recourir à un prêt relais afin de financer leur nouvelle acquisition avant la vente définitive de leur bien.
Que se passe-t-il si la vente du premier bien n'aboutit pas ?
Lorsque l'achat d'un logement est soumis à la vente préalable d'un autre bien immobilier, la réalisation de cette première vente devient un élément déterminant de l'opération. Si le bien appartenant à l'acquéreur n'est pas vendu dans les conditions prévues par la clause suspensive, le compromis peut devenir caduc et la vente projetée ne pas aboutir.
Cette situation peut se présenter dans plusieurs cas : absence d'acquéreur avant la date limite fixée dans le compromis, offre reçue à un prix inférieur au montant minimal prévu par la clause, refus d'un financement par l'acquéreur du premier bien ou encore abandon du projet par ce dernier dans le cadre de son droit légal de rétractation.
Les conséquences dépendent toutefois de la rédaction précise de la condition suspensive. Plus celle-ci définit clairement les conditions de réalisation de la vente, plus les parties sont protégées contre les risques de contestation. Pour cette raison, il est fortement recommandé de faire rédiger ou vérifier la clause par un notaire. Ce professionnel veillera à sécuriser juridiquement l'opération et à anticiper les situations pouvant compromettre la vente de la maison ou de l'appartement.
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