Lors de la vente d’un logement, le propriétaire doit remettre à l’acquéreur un dossier de diagnostic technique (DDT), comprenant plusieurs documents obligatoires. Parmi eux figure l’état d’amiante, également appelé « diagnostic amiante », lorsque le permis de construire du bien a été délivré avant le 1er juillet 1997. Mais combien de temps ce diagnostic reste-t-il valable ? Que faire, si de l’amiante est détectée dans le logement ? Et peut-on vendre un bien immobilier qui contient de l’amiante ? SeLoger répond à vos questions.
Quelle est la durée de validité du diagnostic amiante ?
La durée de validité du diagnostic amiante dépend de sa date de réalisation. Si l’état d’amiante a été effectué à partir du 1er avril 2013, sa durée de validité est illimitée. Il peut donc, en principe, être réutilisé lors d’une vente ultérieure du logement.
En revanche, un diagnostic amiante réalisé avant le 1er avril 2013 doit être renouvelé avant la vente, y compris lorsque le précédent rapport ne signalait aucune présence d’amiante. Cette date est importante, car les modalités de repérage ont évolué et les diagnostics réalisés depuis avril 2013 répondent à un périmètre réglementaire différent.
Il existe toutefois une situation dans laquelle il est particulièrement recommandé de faire réaliser un nouveau diagnostic : si des travaux de rénovation ont été effectués depuis le précédent état d’amiante. Des travaux peuvent en effet avoir permis d’accéder à des matériaux qui n’étaient pas visibles lors du premier repérage. Le nouveau diagnostic permet alors de vérifier si d’autres matériaux ou produits susceptibles de contenir de l’amiante doivent être identifiés.
Le délai de trois ans concerne-t-il le diagnostic amiante ?
Il s’agit d’une confusion fréquente. La présence d’amiante dans le rapport ne signifie pas automatiquement que le diagnostic doit être renouvelé tous les trois ans.
Lorsqu’un matériau ou produit contenant de l’amiante relevant de la liste A fait l’objet d’une recommandation de surveillance périodique, une nouvelle évaluation de son état de conservation doit être réalisée dans un délai maximal de trois ans.
Pour les matériaux de la liste B, la réglementation ne prévoit pas de périodicité obligatoire comparable : le suivi dépend notamment de leur état et des éventuelles dégradations constatées.
Autrement dit, il faut distinguer la durée de validité du diagnostic amiante des éventuelles mesures de surveillance de matériaux contenant de l’amiante préconisées dans le rapport.
Dans quels logements le diagnostic amiante est-il obligatoire ?
Le diagnostic amiante concerne les logements dont le permis de construire a été délivré avant le 1er juillet 1997. Cette obligation s’applique aussi bien lors de la vente d’une maison individuelle ou d’un appartement.
Pour un appartement situé dans une copropriété, le repérage concerne les parties privatives du logement. Le copropriétaire doit également pouvoir disposer des informations relatives aux parties communes, notamment au travers du dossier technique amiante (DTA) constitué par le syndicat des copropriétaires.
Le diagnostic amiante doit être réalisé par un diagnostiqueur immobilier certifié, indépendant et impartial, disposant également d’une assurance professionnelle. Le prix de cette prestation n’est pas réglementé, il peut donc varier d’un professionnel à l’autre. Il reste à la charge du propriétaire vendeur.
Que recherche le diagnostiqueur lors d'un état d'amiante ?
Le diagnostic amiante consiste à rechercher certains matériaux et produits susceptibles de contenir de l’amiante dans le logement.
Pour une maison individuelle comme pour un lot de copropriété, le professionnel effectue notamment un repérage des matériaux et produits appartenant aux listes A et B prévues par la réglementation. Le rapport précise les éléments qui ont été examinés ainsi que les éventuelles présences d’amiante identifiées.
L’objectif est de permettre au futur acquéreur de connaître la situation du logement avant de s’engager définitivement dans son achat. Le diagnostic amiante constitue donc avant tout un document d’information et de prévention.
Il ne faut toutefois pas confondre cet état d’amiante avec un repérage amiante avant travaux. Lorsque des travaux sont envisagés, des obligations spécifiques peuvent s’appliquer afin d'identifier les matériaux contenant de l’amiante susceptibles d’être affectés par le chantier.
Le vendeur peut recevoir une amende de 1 500 €, s'il fait appel à un diagnostiqueur non certifié pour réaliser l'état d'amiante dans son bien.
Que faire, si le diagnostic révèle la présence d'amiante ?
La découverte d’amiante dans un logement ne signifie pas nécessairement qu’il faut procéder immédiatement à un désamiantage. Tout dépend notamment de la nature des matériaux concernés et de leur état de conservation.
Le rapport du diagnostiqueur peut préconiser plusieurs types de mesures. Il peut notamment recommander une évaluation périodique de l’état de conservation, une analyse de risque plus approfondie ou encore des mesures conservatoires. Dans certaines situations, des travaux de confinement ou de retrait de l’amiante peuvent être nécessaires.
La présence d’amiante doit donc être prise au sérieux, mais elle ne signifie pas automatiquement que le logement est dangereux ou inhabitable. Le niveau de risque dépend notamment de l’état des matériaux et du risque de libération de fibres.
Si des travaux sont envisagés, il est essentiel de ne pas percer, poncer, découper ou détériorer soi-même un matériau susceptible de contenir de l’amiante. Des professionnels compétents doivent être sollicités pour déterminer les mesures adaptées.
Peut-on vendre un logement qui contient de l'amiante ?
Oui, la présence d’amiante n’interdit pas la vente d’un logement. Le propriétaire n’est pas systématiquement obligé de réaliser des travaux de désamiantage avant de vendre son bien. En revanche, il doit informer l’acquéreur de la présence éventuelle d’amiante, au moyen du diagnostic immobilier approprié.
L’état d’amiante doit être intégré au dossier de diagnostic technique, lui-même remis à l’acquéreur au moment de la signature de la promesse de vente ou, à défaut, de l’acte authentique.
Lorsque l’acquéreur est correctement informé de la présence d’amiante et achète le bien en connaissance de cause, celle-ci ne constitue pas, à elle seule, un motif permettant d’obtenir l’annulation de la vente. L’acquéreur prend alors à sa charge les obligations liées à cette présence, notamment les éventuels travaux ultérieurs.
En revanche, le vendeur ne doit évidemment pas dissimuler volontairement la présence d’amiante ou omettre de transmettre le diagnostic. Sa responsabilité peut être engagée, s’il ne remet pas l’état d’amiante à l’acquéreur. Dans ce cas, il ne peut notamment pas bénéficier d’une clause destinée à l’exonérer de la garantie des vices cachés. Une amende de 1 500 €, portée à 3 000 €, en cas de récidive, peut également être appliquée lorsqu’un vendeur fait appel à un diagnostiqueur non certifié.
Que risque le vendeur, en cas d'absence de diagnostic amiante ?
Le diagnostic amiante doit être réalisé dans les situations où la réglementation l'impose, et être transmis à l'acquéreur dans le cadre du DDT. Le vendeur qui ne communique pas ce document peut voir sa responsabilité engagée.
L’acquéreur peut notamment saisir le tribunal pour demander réparation de son préjudice. La responsabilité du diagnostiqueur peut également être recherchée, si la présence d’amiante est découverte, alors que le diagnostic réalisé avant la vente était erroné. Le notaire peut lui aussi voir sa responsabilité engagée dans certaines circonstances, notamment s’il valide une vente, en l’absence du diagnostic obligatoire, ou s’il dispose d’informations mensongères, susceptibles d’induire l’acquéreur en erreur.
Avant de mettre un logement ancien en vente, il est donc préférable de vérifier la date du dernier diagnostic amiante, sa conformité avec la réglementation actuelle et les éventuelles recommandations figurant dans le rapport.
FAQ sur la durée de validité du diagnostic amiante
Un diagnostic amiante est-il valable à vie ?
Oui, lorsqu’il a été réalisé à partir du 1er avril 2013, l’état d’amiante a une durée de validité illimitée. Il est toutefois recommandé d’en refaire un lors d’une nouvelle vente, si des travaux ont été réalisés depuis le précédent repérage.
Combien de temps est valable un diagnostic amiante positif ?
La présence d’amiante ne rend pas automatiquement le diagnostic caduc au bout de trois ans. Le diagnostic réalisé depuis le 1er avril 2013 reste valable, sans limitation de durée. En revanche, certaines préconisations de surveillance peuvent imposer une nouvelle évaluation, notamment dans un délai maximal de trois ans pour certains matériaux de la liste A, faisant l’objet d’une surveillance périodique.
Faut-il refaire un diagnostic amiante avant chaque vente ?
Non, pas systématiquement. Un diagnostic amiante réalisé depuis le 1er avril 2013 est valable, sans limite de durée. Il est néanmoins conseillé de faire procéder à un nouveau repérage, si le logement a fait l’objet de travaux susceptibles d’avoir révélé des matériaux auparavant inaccessibles ou invisibles.
Peut-on vendre une maison avec de l’amiante ?
Oui. La présence d’amiante n’empêche pas la vente. Le vendeur doit toutefois informer l’acquéreur, au moyen de l’état d’amiante intégré au dossier de diagnostic technique.
Le diagnostic amiante est-il obligatoire pour un logement construit après 1997 ?
Non, l’état d’amiante exigé dans le cadre de la vente concerne les logements dont le permis de construire a été délivré avant le 1er juillet 1997, et lorsque le dernier diagnostic a été réalisé avant le 1er avril 2013.
Le diagnostic amiante est-il obligatoire pour louer un logement ?
Le diagnostic amiante fait partie du DDT, mais il n’a pas à être annexé au bail. Le bailleur doit simplement le tenir à la disposition du locataire, sur demande.
Qui doit payer le diagnostic amiante ?
Le diagnostic amiante est à la charge du propriétaire vendeur. Son tarif n’est pas réglementé et peut donc varier, selon le professionnel choisi et les caractéristiques du logement.
Depuis le 1er janvier 2023, un carnet d'information réalisé lors de la construction du logement ou de la réalisation de travaux, pouvant avoir un impact sur ses performances énergétiques, devra être fourni au futur acheteur.
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