Pompe à chaleur en location : qui doit s'occuper de l'entretien ?

Morgane Jacquet
mis à jour le
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Dans le cadre d'un bail soumis à la loi du 6 juillet 1989, le locataire a l'obligation de procéder à l'entretien courant des équipements mentionnés au contrat de location. Le bailleur, de son côté, est tenu de délivrer au locataire des équipements en état de fonctionnement lors de son entrée dans les lieux. Entre gestes simples au quotidien et contrôle professionnel obligatoire, voici comment se répartissent les responsabilités pour l'entretien d’une pompe à chaleur en location.

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Location : entretien pompe à chaleur
Locataire ou propriétaire : qui est responsable de l'entretien de la pompe à chaleur ? ©Getty
Sommaire
L’essentiel à retenir
  • Le bailleur doit remettre un logement et équipements en bon état, PAC fonctionnelle.
  • La loi de 1989 est d'ordre public : le bailleur ne peut y déroger.
  • Le locataire assure l'entretien courant et petites réparations ; grosses réparations incombent au bailleur.
  • Entretien courant : nettoyer filtre, dégager unité extérieure, surveiller fonctionnement système de chauffage et fuites.
  • Contrôle professionnel périodique obligatoire selon puissance ; attestation d'entretien remise par le technicien.
  • En cas de panne, appeler un professionnel rapidement ; demander un devis pour réparations coûteuses.
  • En cas de désaccord, saisir la commission de conciliation ou le juge pour trancher.

L'obligation de délivrance du bailleur

L'article 6 de la loi n°89-462 précise que le propriétaire bailleur est tenu par l’obligation de délivrance : il doit remettre au locataire un logement en bon état d'usage et de réparation, ainsi que les équipements mentionnés au contrat de location en bon état de fonctionnement. Il a donc l'obligation de fournir une pompe à chaleur (PAC) qui fonctionne, et qui a fait l'objet d'un entretien récent. Il n'est pas possible d'imputer au locataire un entretien ou une réparation de cet équipement  lorsque celui-ci vient d’entrer dans le logement.

Les dispositions de la loi du 6 juillet 1989 sont d'ordre public, il n'est pas possible d'y déroger. Le bailleur ne peut ainsi en aucun cas se soustraire à son obligation de délivrance.

L'obligation d'entretien du locataire en cours de bail

Si le locataire est entré dans les lieux depuis quelque temps, c'est à lui qu'il incombe donc, en application de l'article 7 de la loi du 6 juillet 1989, de procéder à l’entretien courant du logement et des équipements mentionnés au contrat de location. C'est à lui aussi de procéder à l'entretien régulier de la pompe à chaleur présente dans le logement.

Il est également redevable des menues réparations. Ainsi, si de petites interventions sont à réaliser suite à l'entretien de l’équipement, c'est au locataire qu'il revient de les payer. En revanche, si les réparations sont d'un montant important ou s'il faut remplacer la pompe à chaleur dans son intégralité, cette charge incombe au bailleur.

Entretien courant : quels gestes reviennent au locataire ?

Le bon entretien d'une pompe à chaleur au quotidien repose sur quelques gestes simples, à la portée de tout locataire :

  • nettoyage régulier du filtre pour éviter qu'il ne s'encrasse,
  • vérification que l'unité extérieure n'est pas obstruée par des feuilles, de la neige ou d'autres obstacles,
  • et surveillance générale du bon fonctionnement du système de chauffage.

Pour une PAC air-eau, il convient également de vérifier de temps en temps l'absence de fuite visible et le niveau de pression du module hydraulique, sans intervenir soi-même sur le circuit.

Ces vérifications simples permettent de prévenir une bonne partie des pannes et prolongent la durée de vie de l'appareil, qu'il s'agisse d'une PAC aérothermique classique ou d'un modèle plus récent.

Le contrôle professionnel obligatoire

Au-delà de l'entretien courant, la loi impose un contrôle annuel obligatoire par un professionnel pour les installations de chauffage, dont la puissance dépasse certains seuils. Généralement, l'entretien d'une pompe à chaleur entre 4 kW et 70 kW s'effectue tous les 2 ans en moyenne, et tous les 5 ans pour les pompes à chaleur d'une puissance supérieure à 70 kW. Le décret n°2020-912 du 28 juillet 2020 et son arrêté d'application du 24 juillet 2020 précisent les modalités de cette maintenance des systèmes thermodynamiques.

Cette visite doit être réalisée par un chauffagiste, un installateur ou un technicien qualifié, idéalement le même professionnel qui a réalisé l'installation, notamment lorsque l'appareil contient un fluide frigorigène soumis à une réglementation spécifique. Le professionnel vérifie le fonctionnement général, l'étanchéité du circuit de fluide et l'état des pièces d'usure, avant de remettre une attestation d'entretien à conserver précieusement.

Pannes, dépannage et coût de l'entretien

En cas de dysfonctionnements (bruit anormal, chauffage insuffisant, bloc extérieur qui ne démarre plus), mieux vaut ne pas attendre avant de faire appel à un professionnel. Une intervention rapide limite le risque de devoir procéder à un changement de pièces coûteux, voire au remplacement complet du compresseur en cas de panne majeure.

Le coût d'un entretien annuel varie selon le prestataire et la région. Le tarif inclut généralement le déplacement du technicien et un nettoyage complet de l'appareil, en plus de l'offre de base. Il est recommandé de demander un devis avant toute intervention, en particulier pour les réparations qui dépassent le simple dépannage courant, comme le remplacement de pièces mécaniques ou électroniques.

En cas de litige, le conciliateur de justice ou le juge tranchera

Si des réparations sont à prévoir sur la pompe à chaleur et que propriétaire et locataire ne parviennent pas à un accord amiable permettant de déterminer à qui incombe la réparation, il appartiendra à la partie la plus diligente de saisir la commission départementale de conciliation.

Cette commission composée de représentants des locataires et de représentants des propriétaires statuera sur le litige et tentera de concilier les parties. À défaut de conciliation, un avis le mentionnant sera rendu.

Il est également possible de saisir le juge judiciaire pour trancher le litige. La saisine de la commission départementale de conciliation n'est en aucun cas un préalable obligatoire.

Références juridiques

  • Articles 6 et 7 de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989
  • Décret n°2020-912 du 28 juillet 2020 et arrêté du 24 juillet 2020 relatifs à l'entretien des systèmes thermodynamiques
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