Louer en colocation meublée : tout ce qu’il faut savoir

Blandine Rochelle
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La colocation meublée attire de plus en plus d'étudiants, de jeunes actifs et de salariés en mobilité, grâce à son coût réduit et à sa flexibilité. Pour les propriétaires, elle représente également une solution intéressante pour optimiser la rentabilité de leur bien. Avant de louer en colocation meublée, il est toutefois essentiel de connaître les règles qui encadrent ce mode de location : type de bail, mobilier obligatoire, droits et obligations de chacun, fiscalité ou encore aides au logement. Voici tout ce qu'il faut savoir avant de vous lancer.

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Il est préférable d'interroger les candidats sur leur mode de vie afin d'assurer une colocation pérenne. © svetikd - Getty images
Il est préférable d'interroger les candidats sur leur mode de vie afin d'assurer une colocation pérenne. © Svetikd – Getty Images
Sommaire

Pourquoi choisir de louer en colocation meublée ?

Choisir de louer en colocation meublée présente de nombreux avantages, aussi bien pour les locataires que pour les propriétaires.

Une solution économique pour les locataires

Le principal atout de la colocation reste le partage des dépenses. En louant un logement à plusieurs, vous divisez le montant du loyer, mais aussi celui des charges courantes (électricité, internet, assurance habitation, etc.).

Cette solution permet souvent d'accéder à un logement plus spacieux ou mieux situé qu'une location individuelle pour un budget identique.

Un logement prêt à vivre

Contrairement à une location vide, une colocation meublée permet d'emménager immédiatement, sans avoir à acheter de mobilier.

Le logement doit être équipé d'un mobilier suffisant pour permettre aux occupants d'y vivre normalement dès leur arrivée.

Une meilleure rentabilité pour le propriétaire

Pour un bailleur, louer en colocation meublée peut permettre d'obtenir un rendement locatif supérieur à celui d'une location classique. En louant chaque chambre séparément ou en proposant un bail commun à plusieurs colocataires, le montant global des loyers est souvent plus élevé.

La demande étant particulièrement forte dans les grandes villes universitaires et les bassins d'emploi, le risque de vacance locative est également limité.

Les démarches pour louer en colocation meublée

Avant de louer en colocation meublée, plusieurs démarches administratives doivent être réalisées.

Choisir le type de bail colocation meublée

Deux solutions existent en ce qui concerne le bail de colocation : 

  • Le bail unique : tous les colocataires signent le même contrat de location. Une clause de solidarité peut être prévue afin que chacun soit responsable du paiement de la totalité du loyer, en cas de défaillance d'un autre colocataire.
  • Le bail individuel : chaque occupant signe son propre contrat, portant uniquement sur sa chambre et les parties communes.

Le choix du bail de colocation meublée dépend de la stratégie du propriétaire et de la gestion souhaitée.

Les documents à fournir

Comme pour toute location, chaque colocataire doit fournir :

  • une pièce d'identité,
  • un justificatif de domicile,
  • un justificatif de revenus,
  • son contrat de travail ou son certificat de scolarité, selon sa situation,
  • éventuellement les mêmes documents concernant le garant.

Le propriétaire ne peut demander que les pièces autorisées par la réglementation.

Réaliser les diagnostics obligatoires

Avant la signature du contrat de colocation meublée, plusieurs diagnostics doivent être remis aux locataires, notamment :

  • le diagnostic de performance énergétique (DPE),
  • le constat de risque d'exposition au plomb (Crep), si nécessaire,
  • l'état des risques et pollutions (ERP),
  • les diagnostics électricité et gaz, lorsque leur installation a plus de 15 ans,
  • le diagnostic bruit, si le logement se situe dans une zone d’exposition au bruit des aéroports.

Les étapes clés de la location

La colocation s'organise en plusieurs étapes, à commencer par la recherche de locataires, en sélectionnant des profils compatibles. Il faut ensuite vérifier les pièces du dossier de chaque candidat afin de déterminer qui seront les futurs colocataires. 

Une fois les colocataires trouvés, il s'agit de leur faire signer le bail : un bail unique ou individuel, selon votre choix. L'état des lieux est effectué à l'entrée dans le logement des colocataires, qui se voient remettre les clés pour s'installer et débuter la colocation.

Le bail de colocation meublée peut également prendre la forme d’un bail mobilité, fixé pour 1 à 10 mois, non reconductible tacitement. Ce bail n’implique pas de dépôt de garantie ni de solidarité entre les colocataires.

Réglementation et obligations légales pour louer en colocation meublée

La loi sur la colocation meublée repose principalement sur la loi ALUR ainsi que sur les dispositions de la loi du 6 juillet 1989.

Les meubles obligatoires en colocation meublée

Pour être considéré comme meublé, un logement doit comporter un certain nombre d'équipements indispensables et encadrés légalement :

  • literie avec couette ou couverture,
  • volets ou rideaux dans les chambres,
  • plaques de cuisson,
  • four ou micro-ondes,
  • réfrigérateur,
  • congélateur ou compartiment freezer,
  • vaisselle en quantité suffisante,
  • ustensiles de cuisine,
  • table et sièges,
  • étagères de rangement,
  • luminaires,
  • matériel d'entretien ménager (aspirateur, balai, serpillère).

Cette liste constitue le minimum légal pour louer en colocation meublée.

Les obligations du propriétaire

Les obligations du propriétaire en colocation sont nombreuses. Le bailleur doit notamment :

  • proposer un logement décent,
  • fournir l'ensemble du mobilier obligatoire,
  • assurer les grosses réparations,
  • remettre les diagnostics techniques,
  • respecter les règles de décence énergétique.

Les droits et devoirs des colocataires

De leur côté, les colocataires doivent :

  • payer leur loyer et leurs charges,
  • utiliser paisiblement les lieux,
  • entretenir le logement,
  • souscrire une assurance habitation, en sachant que chaque colocataire doit être couvert par une assurance, a minima pour les risques locatifs (incendie, dégâts des eaux, explosion).

En contrepartie, ils bénéficient des mêmes protections qu'un locataire classique.

Conseils pour réussir sa colocation meublée

Réussir à louer en colocation meublée ne dépend pas uniquement du bail. Une bonne organisation facilite largement la vie quotidienne.

Bien choisir ses colocataires

La compatibilité des modes de vie est souvent plus importante que l'âge ou la profession.

Avant de signer un bail, il peut être utile d'échanger notamment sur les horaires de travail, le télétravail, les habitudes de ménage, les visites d'amis, le partage des dépenses ou encore la présence ou non d’animaux de compagnie.

Organiser la gestion de la colocation meublée

Une bonne gestion de la colocation meublée passe souvent par quelques règles simples, comme établir un planning de ménage, créer un compte commun pour certaines dépenses ou encore anticiper les départs et arrivées de colocataires.

Ces quelques habitudes limitent les conflits.

Trouver une colocation meublée adaptée

Pour trouver une colocation meublée, plusieurs critères méritent votre attention :

  • la proximité des transports,
  • le montant réel des charges,
  • l'état général du logement,
  • la qualité du mobilier,
  • le nombre de salles de bain,
  • les espaces communs disponibles.

Une visite reste indispensable avant toute signature.

Fiscalité et aides possibles

La fiscalité de la colocation meublée

Les propriétaires d’une colocation meublée relèvent du statut de loueur meublé non professionnel (LMNP), et les revenus issus d'une location meublée relèvent de la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC)

En ce qui concerne les impôts liés à la colocation meublée, le propriétaire peut relever de deux régimes fiscaux distincts : le micro-BIC ou le régime réel.

CritèresMicro-BICRégime réel
Plafond des recettes77 700 €/anAucun plafond
Avantage fiscalAbattement forfaitaire de 50 %Déduction des charges réelles et amortissement du bien et du mobilier
Avantage principalSimplicitéAmortissement du mobilier par chambre

Les aides au logement

Les colocataires peuvent, sous certaines conditions de ressources, bénéficier d'aides versées par la CAF. Le montant des aides en colocation meublée dépend notamment :

  • des revenus,
  • du montant du loyer,
  • de la composition du foyer,
  • de la localisation du logement.

Chaque colocataire effectue sa propre demande d'aide.

FAQ : louer en colocation meublée

Peut-on louer en colocation meublée avec un bail individuel ?

Oui. Le propriétaire peut choisir un bail individuel pour chaque occupant ou un bail unique signé par l'ensemble des colocataires.

Quelle est la durée d'un bail de colocation meublée ?

Le bail meublé est généralement conclu pour un an renouvelable tacitement. Lorsqu'il est signé avec un étudiant, il peut être limité à neuf mois, sans renouvellement automatique.

Un propriétaire peut-il demander un dépôt de garantie ?

Oui. En location meublée, le dépôt de garantie peut représenter jusqu'à deux mois de loyer hors charges.

Les colocataires peuvent-ils bénéficier des aides de la CAF ?

Oui. Chaque colocataire peut demander une aide au logement, si les conditions d'éligibilité sont remplies.

Une assurance habitation est-elle obligatoire ?

Oui. Les colocataires doivent assurer les risques locatifs. Dans le cadre d'un bail commun, une seule assurance peut parfois couvrir l'ensemble des occupants, sous réserve des garanties prévues au contrat.

Un propriétaire peut-il louer une seule chambre meublée ?

Oui. Il est possible de louer chaque chambre via un bail individuel, tout en mettant les espaces communs (cuisine, salon, salle de bain) à disposition des différents occupants.

Peut-on quitter une colocation meublée avant la fin du bail ?

Oui. En location meublée, le colocataire peut donner congé à tout moment, sous réserve de respecter le délai de préavis applicable prévu par la loi ou le contrat de location.

Parmi les charges déductibles en régime réel, on relève les frais de notaire au moment de l’acquisition, les travaux effectués, les impôts locaux, les frais de gestion et d’assurance, les intérêts d’emprunt, et l’amortissement du mobilier et des équipements, ainsi que l’amortissement du bien immobilier.

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