C’est le constat dressé par une étude du réseau de services immobiliers Laforêt. Au troisième trimestre 2026, 9 transactions sur 10 font l’objet d’une négociation. Avec une offre abondante et des délais de vente qui s'allongent, les acquéreurs disposent en effet de plus de marge de manœuvre pour faire baisser les prix. Décryptage.
- Négociation dans 9 ventes sur 10 ; marge moyenne : 4,8 % en France (disparités géographiques).
- Contexte où les prix de vente ont déjà baissé : recul du prix moyen de -1,5 % sur un an ; Paris -2 %.
- Progression de l'offre de +9 % sur un an, seulement +1 % pour la demande.
- La négociation touche davantage les maisons que les petites surfaces.
- Augmentation des délais de vente : 101 jours (95 jours en septembre 2025).
- Retour progressif des acheteurs, mais pas encore de relance des ventes : baisse des transactions de -1,8 % sur un an ; écarts géographiques.
La négociation devient la norme
Les acheteurs reprennent-ils la main sur le marché immobilier ? Oui, si l’on en croit les résultats de l’étude de Laforêt, avec une négociation enregistrée dans 9 ventes sur 10.
La marge de négociation s’établit ainsi à 4,8 % au niveau national, avec bien entendu des disparités géographiques. Elle est, par exemple, contenue à 3,2 % à Paris, mais elle bondit à 5,1 % en régions.
Concrètement, pour un bien affiché à 300 000 euros, la négociation de 4,8 % ramène le prix à 285 600 euros.
Dans le même temps, les prix de vente reculent
Les acheteurs négocient alors que les prix ont déjà baissé. En septembre 2026, le prix moyen a reculé de 1,5 % sur un an en France, à 3 238 euros du mètre carré.
C’est en Île-de-France que la baisse est la plus marquée : -2 %. En régions, Nice connaît un repli de 0,5 %, à 5 102 €/m² et Lyon, de 0,4 % à 4 775 €/m².
À l'inverse, d’autres villes tirent nettement leur épingle du jeu et affichent une hausse de leurs prix : Brest s’installe en tête, avec +5,8 %, suivie de Rouen (+2,8 %) et de Dijon (+2,6 %).
L’offre plus abondante donne du pouvoir de négociation aux acquéreurs
La progression du nombre de biens proposés à la vente explique en partie cette situation. L’offre a augmenté de 9 % sur un an, quand la demande n'a progressé que de 1 %.
Plus en détail, le stock de biens à vendre explose à Paris : + 15 % en un an. Il augmente également de 7 % en Île-de-France et de 8 % dans les régions.
Les appartements constituent l’essentiel de l’offre. Leur nombre progresse de 13 %, contre seulement 4 % pour les maisons. Ce sont eux aussi qui sont les plus recherchés. La demande d’appartements progresse ainsi de 4,5 % sur un an, alors que celle des maisons recule de 4 %.
Tous les logements ne se négocient pas de la même façon
Si la négociation semble devenue la règle, elle ne s’applique pas pour autant de manière indifférenciée à tous les logements.
Très prisées des acquéreurs et des locataires, les petites surfaces de type studio ou T2 résistent bien.
À l’inverse, la marge de négociation est plus élevée pour les maisons : 5,7 %, contre 4,1 % pour les appartements. En cause, le coût des travaux, de chauffage et d’entretien, plus lourds à assumer dans un contexte où les ménages surveillent leurs dépenses.
Les vendeurs doivent patienter 101 jours, en moyenne, pour céder leur bien
Conséquence de l'offre plus abondante et des négociations : les délais de vente des logements s’allongent. Ils mettent en moyenne 101 jours à changer de main, contre 95 jours en septembre 2025.
À Paris, ville structurellement en tension immobilière, le délai se raccourcit à 84 jours (+8 jours par rapport à 2025). Il passe à 99 jours en Île-de-France et 101 jours dans les régions.
La reprise du marché reste fragile
Le retour progressif des acheteurs ne suffit pas encore à relancer franchement les ventes. En septembre 2026, la demande progresse de 1 % sur un an, quand le nombre de transactions recule encore de 1,8 %.
Les écarts restent marqués selon les territoires. Les ventes baissent ainsi de 3,8 % à Paris, de 0,8 % en Île-de-France et de 1,8 % dans les régions.
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